Li creaturo fantastico de la Prouvènço /
Les créatures fantastiques de la Provence :




Choisissez :  



Créatures de fiction, inventions littéraires ou humoristiques
qui sont devenues des contes et légendes par la suite :

 

+ Li èsse fantasti que soun dins lou cant VI de Mirèio /
Les êtres fantastiques extraits du chant VI de Mireille ou de Nerto de F.MISTRAL et de l'esprit des poètes provençaux :

+ JO / JEUX :

  • Mots mêlés
  • Jo dóu pendoula / Pendu
  • Anagrammes
  • Dessiner les créatures
    à partir des descriptions ci-dessous
    et grâce à votre imagination

BIBLIOGRAPHIE


On peut classer les animaux fantastiques en 4 catégories :

On peut également classer les carnavals ou processions réalisés chaque année en l'honneur des créatures fantastiques en 5 catégories :
- les "Lunaires" : ils sont les forces cycliques, liquides, cosmiques.
- les "Bêtes sauvages" : ils sont l'instinct libéré, la vie primitive et absolue, la force sexuelle salvatrice de la "race".
- les "Maures" : ils sont le rappel des terreurs guerrières souvent aveugles et injustes.
- les "Végétaux" : ils sont souvent un potiron offrant sa face rebondie et... ambiguë. C'est aussi le rappel de la végétation, des rameaux, du renouveau de la nature.
- les "Obscurs" : ils représentent la mort indispensable au cycle de la vie, ainsi que la peur des ténèbres et de leurs forces maléfiques. Les montrer était un peu comme les exorciser, les dompter, les maîtriser et en faire des alliés.

 

L'ALICORNE

  • Étymologie : Le mot "licorne" vient de monokeros (μονόκερως) en grec ancien, ce qui signifie « Avec une seule corne ». C'est aussi un emprunt du XIVè siècle à l'italien alicorno, lui-même une forme altérée du latin chrétien unicornis signifiant également « à une seule corne » (de unus 'une' et cornu 'corne'). Selon la linguiste Henriette WALTER, le mot licorne proviendrait de deux erreurs successives : en entendant "unicorne", on a cru qu'il s'agissait d'une icorne, avec l'article indéfini, d'où l'icorne avec l'article défini. Ce qui a donné le mot "Licorne". Selon une interprétation moderne, le nom de licorne pourrait signifier corne de la loi, épée de justice, corne de lumière ou même corne de la lune. De même, on peut expliquer la transformation de "La Licorne" en "L'Alicorne".
  • Où : Avignon (84).
  • Qui / Quoi : Sorte de cheval fabuleux, ressemblant à un petit cheval blanc ou une biche portant une corne au milieu du front, à queue de lion et barbiche de chèvre. L'Alicorne ressemble en tout point à la Licorne sylvestre, elle a aussi le même comportement, mais sa corne est noueuse et tordue et de couleur brun pâle. Elle préfère les forêts très anciennes où la moyenne d'âge des arbres est de 500 ans. Sa corne est créditée du pouvoir de purifier les liquides des poisons. (Il s'agit en fait d'une corne de narval, mammifère marin). Symbole de vie, de pureté, de guérison
  • Vaincu par : * (inoffensif)
  • Origine du mythe : St Bertrand au 14è siècle.
  • Associé à :
  • + En savoir plus :
    • Bertrand de Got descendait d'une antique famille gasconne des vicomtes de Lomagne, peu fortunée semble-t-il : la tradition le fait garder des moutons au cours de son enfance. De même qu'elle attribue pas mal d'« hérétiques » à sa maison. Toujours est-il que, très tôt, le jeune Bertrand de Got, se révélant singulièrement doué intellectuellement, fréquente les universités les plus célèbres. Sa carrière ecclésiastique est aussi rapide : après avoir été évêque d'Agen et avant d'être archevêque de Bordeaux, il passe par Saint-Bertrand de Comminges où il acquiert le surnom « d’évêque à la licorne ». En effet, à Saint-Bertrand de Comminges, la crosse de l'évêque était censée être une corne de cet animal fabuleux — symbole de pureté — dans laquelle on ne peut s'empêcher de voir une représentation d'une sorte d'antenne, susceptible de capter des radiations ou des forces « supranormales ». Rarement personnage historique n'a été autant décrié. La majorité des historiens s'emploie à nous le dépeindre comme un individu lâche, ambitieux, à la merci du roi de France qui l'avait fait pape. Pourtant sa nature semble autrement riche. C'est tout d'abord un canoniste réputé, mais, preuve de la clairvoyance de son esprit et de sa grande tolérance, il est épris d'hébreu et d'arabe, langues pour lesquelles il fonde des chaires dans plusieurs universités. De même, il lit Albert le Grand (auquel on attribue des ouvrages de magie) et encourage dans ses travaux Arnaud de Villeneuve, hermétiste réputé. Quant à l'architecture (et au Moyen-Âge, c'est un critère !) elle le passionne. C'est d'ailleurs lui qui fera bâtir la plus importante partie de Saint-Bertrand de Comminges.
    • Le nom de “St Bertrand” est la mémoire vive laissée au XIe S. par Bertrand de l’Isle Jourdain, thaumaturge de grande humanité, auteur de multiples miracles dont un des moindre est le sauvetage de Sanche de Labarthe que le saint, déjà décédé, libère des geôles sarazinnes par enlèvement aussi “aérien” que nocturne...
      Dans un autre ordre d’idée qui nous rapproche considérablement du bestiaire fabuleux, que penser de cet ossement de “baleine” exposé à St Pierre de Toulouse et, depuis 1790, conservé au Muséum d’Histoire Naturelle. Ne nous dit-on pas qu’une “cote de cétacé” reste à jamais enchâssée dans le porche de l’église de Prats de Mollo ? Que penser encore de St Bertrand débarrassant le Comminges, par l’effet de son étole et de son bâton, d’un dragon désastreux et perfide qui prenait l’aspect d’un enfant pour émouvoir et ensuite dévorer les passants attardés.
      Or Bertrand de Got avait une véritable fascination et qu’il lèguera, sous conditions, pour le trésor de St Bertrand du Comminges : “une corne d'Alicorne”. En vérité, il est question, en terme scientifique, d’une dent de “Narval” (un monodon monoceros) d’une longueur respectable de cinq pieds, nous dit la tradition soit environ 1,60 m. Objet magique, insolite, merveilleux qui éveillait l’imagination... et même les convoitises royales ! Mais le chapitre de la cathédrale conservera jalousement cette relique jusqu’à nos jours.
      Bien des hommes “curieux de nature” se penchèrent sur l’Alicorne... L’étrange ‘Document RUBANT’ (18e siècle) précise que Bertrand de Got en avait fait sa crosse d’évêque, et avait exigé, au moment d’en faire don, que l’objet, si précieux à ses yeux, soit placé sous la garde et la responsabilité de 3 chevaliers de la commanderie de Montsaunès. Il semblerait, toujours d’après ce texte, qu’à la chute du Temple en 1314, celui qui est devenu Clément V se soit attaché à ce que ces hommes (“Piliers Templiers”, selon RUBANT) ne soient ni interceptés, ni même inquiétés... à charge pour eux, en échange de cette mesure de clémence exceptionnelle, de continuer à assurer la sécurité et la veille du précieux objet de façon suivie... même et surtout après 1314 où ils auront soin de choisir et prévoir leurs “successeurs”... Ainsi 3 papes successifs se passèrent cette fameuse corne d'Alicorne.
    • Selon la Bible, l'Alicorne serait passée à la crèche voir la sainte Vierge et son fils-Dieu. Les Écritures évoquent 9 fois un animal par le terme hébreu re´ém (Nombres 23:22; 24:8; Deutéronome 33:17; Job 39:9, 10; Psaumes 22:21; 29:6; 92:10; Ésaïe 34:7). Les traducteurs ont longtemps été dans le doute quant à l’identité de l’animal. La Septante grecque a rendu re´ém dans le sens de “à une corne”, ou licorne. La Vulgate latine le traduit souvent par “rhinocéros”. D’autres versions emploient “bœuf sauvage”, “bête sauvage”, “buffle” ou simplement “Reem”, ce qui n’éclaire pas le lecteur. Certains ont conclu à l’aurochs (sorte de taureau sauvage qui s’est éteint au XVIIe siècle, Bos primigenius, représenté par les Assyriens, qui le nommaient rimu, phonétiquement très proche) mais les savants sont arrivés à la conclusion qu’il était sensiblement différent de la licorne dont parlent les légendes et la description de la Bible. Alors ce serait bien une licorne finalement !? 
    • NB : À l'origine, les auteurs grecs n’avaient fait aucune représentation du monocéros et les premières licornes des bestiaires médiévaux ressemblaient rarement à un cheval blanc, mais plutôt à un chevreuil, une chèvre, un mouton, une biche, voire à un chien, un ours et même un serpent. Les licornes étaient de couleurs variées, y compris bleues, brunes et ocre, avant que la couleur blanche et la forme torsadée de la corne ne se généralisent. Mais l'Alicorne semble apparaître seulement vers le 14è siècle, donc sa description est plus sûre.
    • + Liens : Équipédia, Wiki.

 

 

 

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LOU BABAU / LE BABAU

  • Où : Région de Nîmes, à Rivesaltes (30).
  • Qui / Quoi : Depuis le Moyen-Âge, le Babau défie le temps. La bête serait bel et bien apparue une nuit sans lune du 2 février 1290. À cette époque, la population vivait tranquillement à l'abri des remparts de la ville, sous le règne du pacifique Jaume II de Majorque. Cette nuit là pourtant, les habitants furent réveillés par un vacarme épouvantable, suivi de cris d'enfants et d'un grand hurlement. Six bébés venaient de disparaître, enlevés par une bête énorme entrée par le Forat del Forn (trou du four par lequel on jetait cendres et déchets). Deux nuits encore, la bête sévit. Surgie des eaux d'ordinaire calmes de l'Agly, elle se montra : sorte d'iguane et de dragon à la mâchoire redoutable et aux griffes impressionnantes.
  • Étymologie : Le Maire de la ville demanda une description de l'animal à l'un des veilleurs. Celui-ci ne put qu'articuler sous l'emprise de la frayeur "va... vau" (ba bao) c'est-à-dire "il a il a". Le mot fit le tour de la ville et ainsi fut nommé le monstre.
  • Vaincu par : Le Seigneur des Fraisses et Périllos, Galdric Trencaven, mit fin à ce drame en décochant dans la gueule de la bête deux flèches mortelles. Trois côtes du monstre furent récupérées dans l'Agly en guise de trophée et sa mort dignement fêtée.
  • Origine du mythe : Conte, légende
  • Associé à : .
  • + En savoir plus :
    C'est une bien étonnante histoire que celle du Babau (prononcez "Babaou"). Elle a pour cadre la région de la Salanque et plus particulièrement les villages de Rivesaltes, Pia et Ortolanes (aujourd'hui ce n'est plus que l'ancien ermitage Notre Dame de la Salut).
    Selon la légende, dans la nuit de 2 février 1290 un monstre sanguinaire surgit des berges de l'Agly. D'où venait-il ? Qui était-il ? Nul ne le sait. Toujours est-il qu'il est là, et bien là. Le monstre s'approcha des murailles de Rivesaltes, mais en cette nuit calme tout était verrouillé. S'approchant du grand mur, il voit une brèche et s'y faufile. Il se trouve alors près du four banal à l'intérieur de la cité. L'histoire raconte qu'un véritable carnage eut lieu : 6 enfants furent dévorés, dont le plus âgés n'avait que 7 ans. À partir de ce jour le "forat d'al fourn" (trou du four) entre dans la légende en même temps que le Babau.
    Le lendemain, on annula la procession de la St Blaise et on boucha en toute urgence le trou. Mais dans la nuit le mur fut à nouveau troué et des traces du monstre apparurent dans le sable de la berge. Les veilleurs jurèrent qu'ils avaient entendus dans la nuit des sifflements et vus les yeux de la bête. D'après leurs descriptions, la bête avait des yeux qui lançaient des flammes rouges !
    Le lendemain soir, le seigneur de Fraisse, présent dans la cité de Rivesaltes, resta éveillé. Alors que le Babau s'engouffrait à nouveau de la ville, il put le blesser mortellement. L'animal prit la fuite et s'échoua près d'Ortolanes, où il mourut. Les habitants de Rivesaltes, soulagés prélevèrent la journée suivante une côte de la sinistre bête en guise de relique. Le plus fantastique, c'est que cette côte est toujours visible à Rivesaltes, à l'office du tourisme !
    En fait, et tant pis pour la légende, il s'agit d'une côte de baleine, celle la même qui s'échoua à St Cyprien le 27 novembre 1828 et à laquelle il manquait quelques côtes quand arrivèrent les spécialistes. C'est ainsi que des côtes de monstres sanguinaires, on en trouve aussi à Arles sur Tech !
    Aujourd'hui, on peut voir un trompe-l'oeil dessiné sur la façade d'un immeuble du centre-ville de Rivesaltes. On y voit à gauche le seigneur de Fraisse, arbalète à la main, tandis que le monstre s'approche de la ville sur la droite. En haut, à droite, on distingue la citadelle de la Salveterra, le château d'Opoul. Le dessin sur le drap rouge tendu au balcon est le blason de Rivesaltes, un Saint André de carnation et la croix en sautoir, dite "de Saint André".
    Il faut savoir qu'une confrérie du Babau a été créée récemment, en 1996. Elle a hérité d'une commanderie plus ancienne, connue au Moyen-Âge vers la fin du XIIIe siècle. En tant que telle, elle est la gardienne de la tradition du Babau à Rivesaltes.
  • Musique :
    • Chant-slogan :
      "Le Babau est dans la ville
      Le Babau est très méchant
      Le Babau n'est pas gentil
      Car il mange les enfants."

 

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LOU BASILIC / LE BASILIC

  • Étymologie : Le mot "Basilic" provient du grec "basilicos" qui signifie "petit roi". Mais dans l'antiquité, les écrivains désignaient un petit serpent dont la morsure entraînait une mort immédiate. Dans des textes en vieux français, on trouve le terme de "basilicoq", ce qui fait qu'il a souvent été confondu avec la Cockatrice.
  • Où : Le Basilic a vécu en Touraine et ailleurs. Il mourut à Bordeaux ; il s'était retiré au fond d'un puits (dans la rue nommée par la suite rue du Mirail)
  • Qui / Quoi : Animal. Un des esprits béarnais avait une fonction bien précise : c’était le Basilic. On l'invoquait pour empêcher les enfants de s’approcher d’endroits dangereux comme les marlères (marnières).
    Le Basilic est considéré comme le roi des serpents à cause de la couronne d'or dont son chef est orné. Les Romains, qui le surnommaient "sang de Saturne", l'utilisaient pour guérir les maladies et les envoutements. Au Moyen-Âge, le Basilic subit quelques métamorphoses : son corps écailleux de serpent fut doté d'ailes chiroptéennes ainsi que de la tête, des pattes d'oiseau (de deux à quatre paires selon les individus) et des ergots d'un coq, tandis que son dos était crénelé et couvert d'émeraudes. Et sa tête dragonne se rétrécit puis s'affine pour dessiner un bec et finalement prendre la forme d'une tête de coquelet. Il prend alors le nom de Cockatrice, Coccatrix, Coquatrix ou Coquatrus.
    D'où viennent les Basilics ? D'un oeuf de coq (un coquatix ou "cocorre") ! Encore faut-il que le coq ait eu la bonne idée de le pondre à l'âge de 7 ou de 14 ans, et que son oeuf ait été couvé par un crapaud ou par un serpent du type Naja.
    À première vue, le Basilic n'est qu'un serpent comme bien d'autres. Le Basilic médiéval se présente comme un dragonnet de 15 à 50 cm de long, au souffle délétère et empoisonné. On se rend vite compte qu'il a pourtant deux pattes et une tête de coq, crête comprise, et des ailes. Il est couvert de plumes ou d'écailles. Aucun végétal ne résiste à sa présence, à l'exception d'une unique plante : la rue. Il est aussi redouté de tous les animaux, sauf du coq dont le chant le met en fuite (en effet le cri du coq est une bonne arme : à peine entend-il le cocorico que le basilic meurt dans des convulsions), et de la belette qui est également mortelle pour cet animal (elle l'attaque à vue). Et l'ennemi juré du Basilic est l'Étale (monstre amphibie de la taille d'un cheval, pourvu d'une mâchoire de sanglier et d'une queue d'éléphant, armé de défenses et de cornes mobiles).
    Le regard de ce reptile (ou son souffle) a le pouvoir de pétrifier ou de tuer quiconque le croise, en provoquant une mort immédiate. La seule chance pour un humain de combattre un Basilic est de lui présenter un miroir : il se pétrifie lui-même. Alexandre le Grand, au moment de conquérir les Indes, dut affronter en plein désert un Basilic aux proportions énormes. Féru de mythologie, le conquérant n'ignorait pas que, comme les gorgones, les Basilics sont tués net par leur propre reflet. Il fit forger un bouclier poli comme un miroir derrière lequel il s'avança, terrassant tous les Basilics du pays.
    Un texte attribué à Pline l'Ancien par Una Woodruff dit ceci : "Les Basilics transforment en désert le pays où ils vivent. Le venin de leur regard est si puissant qu'il peut dissoudre les rochers et brûler l'herbe d'un simple coup d'oeil. Les oiseaux tombent en plein vol et un homme monté sur un cheval tue un Basilic avec une pique, et l'infection, remontant à travers l'arme, tua non seulement le cavalier, mais aussi sa monture. L'eau où ils étanchent leur soif reste empoisonnée. On dit que la première de ces créatures est née du sang de la Gorgone. Cependant, ils continuent à se reproduire en pondant des oeufs qui sont couvés par des crapauds lorsque brille l'Etoile du Chien.
    Brunetto LATINI ajoute au sujet du Basilic qu'il "est empli de venin à tel point que celui-ci ressort à l'extérieur du corps et brille sur sa peau". La rue, l'herbe de grâce, serait invulnérable au poison basilicique. Si ce basilic ne dépasse pas la taille d'un chat, il est des Basilics plus gros, que l'on distingue en les nommant Grand Basilic. Le venin de leur regard change la chair en pierre et pour le vaincre il faut renvoyer à l'aide d'un miroir le rayon létal de ses yeux. Il emprisonne les princesses et il couvre ces parites sensibles d'émeraudes.
  • Vaincu par : * Cet être fabuleux est l'incarnation même du pouvoir royal qui foudroie ceux qui lui manquent d'égards. Il est aussi la représentation du danger mortel que l'on ne peut éviter à temps et dont seule la protection des anges divins peut préserver.
    De tous les animaux, seules les belettes ne sont pas affectées par ces monstres, et les attaquent à vue. De plus, on croit que les Basilics ont peur du chant du coq.
    La légende ajoute qu'il est très difficile de s'emparer du Basilic. Le seul moyen pour y parvenir serait de présenter un miroir face à lui de telle sorte que son regard, doué de puissance mortelle, se reflète et se retourne contre lui-même et ainsi il serait tué.
  • Origine du mythe : Le mythe du basilic n'a rien à voir avec la plante du même nom. L'origine de la légende est probablement le cobra cracheur que l'on retrouve en Afrique.
    La légende dit qu'il viendrait au monde dans l'œuf d'un coq âgé de 7 à 14 ans. Cet œuf parfaitement rond, déposé dans du fumier et couvé par un crapaud ou une grenouille donne naissance à la "bête". De cette légende découle son apparence puisqu'il est souvent représenté par un coq à queue de dragon ou par un serpent aux ailes de coq.
  • Associé à :
    • Le codrille : Son regard est aussi pétrifiant que celui du Basilic. C'est la Salamandre couvée par un corbeau qui engendre un Codrille. Ils habitent sous les ifs, cachés dans l'ombre des pierres. Si le Codrille vous voit en premier, vous serez aussitôt changé en statue de pierre, mais si c'est vous qui le surprenez d'abord, alors vous serez immuniser contre lui. Ainsi, vous pourrez l'apprivoiser et il vous conférera le pouvoir de soumettre à votre volonté les oiseaux et les serpents, ainsi que les eaux des fleuves et des mers.
  • + En savoir plus :
    • C'est le 26 juillet qu'a lieu à Tours la traditionnelle foire à l'ail et au basilic. L'achat d'un pot de basilic est rituel. Les Tourangeaux ne l'utilisent pas comme condiment ; mais ils croient qu'il évite de trouver "de l'ail aux serpents dans les aulx". La plante est placée sur le bord de la fenêtre où elle chasserait les moustiques, conjure les serpents et sert de porte bonheur.
    • "Ne i'anis pas praubin, que i'ei lou basilic. / N'y vas pas pauvre de toi, il y a le Basilic." (Proverbe béarnais)

 

  • Texte :
    • "Ne i'anis pas praubin, que i'ei lou basilic. / N'y vas pas pauvre de toi, il y a le Basilic." (Proverbe béarnais)

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LA BÈSTIO DE PIGNANS / LA BÊTE DE PIGNANS

  • Étymologie : Elle porte le nom du lieu où elle a vécu.
  • Où : Dans le Var, à Pignans (83).
  • Qui / Quoi : Animal ressemblant au puma, au lynx ou au loup. Ce serait en fait un lycaon africain (sorte de chien sauvage). Plusieurs centaines de moutons dévorés dans le Var à Pignans en juin 1966. Puis des veaux en Camargue en février 1987 et de nouveau dans le Var près de Cuers en avril 1988.
  • Vaincu par : * .
  • Origine du mythe : Attaque de moutons médiatisée en juin 1966.
  • Associé à : Serait-ce une des bêtes descendant de celles ramenées au 19è siècle par Jules GÉRARD, le célèbre Tartarin de Tarascon ?...
  • + En savoir plus :
    • « Au dessus des Gorges du Verdon, connues l'été par les touristes pour le sport extrême et les balades mystérieuses, sur le Plateau de Canjuers (où l'on ne trouve en hiver que des militaires et des moutons dont le pâturage sert à protéger des incendies), apparut dans les années 1960 et pour la première fois officiellement, en septembre 1992 (première attaque répertoriée administrativement), le mystère de la Bête du Haut-Var !
      27 moutons morts en une nuit (plusieurs bergers en perdront au moins une centaine). Le vétérinaire qui fera l’autopsie conclura que les bêtes ne se sont pas affolées. Les lésions sur les cadavres sont toujours identiques : traces de morsures sous le cou, sur les épaules et en dessous, et quelques traces au gigot. Si certains pensent qu’il puisse s’agir d’opérations militaires secrètes, le loup et les chiens errants sont envisagés. Cependant, les bêtes tuées ne sont pas mangées.
      Curieusement, l’Office National de la Chasse publie dans un rapport daté de décembre 1992 : « Le lynx tue systématiquement ses proies, qu’elles soient sauvages ou domestiques, par strangulation ». Exit donc le lynx qui, il faut le savoir, disparut du Massif des Maures à la fin du 17ème siècle. On jase dans les campagnes : « Un vieux berger très respecté, Octave Lions, est persuadé qu’il s’agit d’un lynx et peut-être même d’un puma. Personne n’ose en rire car Octave est le doyen. ». C’est pourtant très peu probable a priori pour le premier, et totalement impossible relativement à son habitat pour le second. Mais ça ne supprime pas toutes les explications, puissent-elles paraître aberrantes.
      (Pour en savoir plus et des témoignages inédits : livre "L'Île des Veilleurs - La bête du Haut-Var" Ed. ARQA)
      Et personne, apparemment, ne se rappelle d’une autre affaire, qui défraya la chronique pendant un bon nombre de jours au milieu des années soixante. Celle de la "Bête de Pignans", dans le Var aussi (la Bête du Bas-Var en quelque sorte). Cette dernière ne s’était intéressée qu’à la volaille. La conclusion zoologique fut, grâce aux empreintes, qu’il s’agissait d’un lycaon pictus (animal spécifique à l’Afrique). Qui, comme bien d’autres animaux "déplacés", disparut comme il était apparu...
      En fait, et régulièrement, beaucoup d’animaux "déplacés" disparaissent comme ils étaient apparus. Ainsi la Bête du Devonshire, qui sévit entre autres à Teignmouth, etc... »
      (Extrait des Chroniques de mars de Michel MOUTET et Mara McLAREN (n°8 : avril 2012)
    • Livre "Rumeurs sur des animaux mystérieux" de Jean-Jacques BARLOY (Ed. Persée, 1990) : « Juin-juillet 1966 : La Bête de Pignans (Var) provoque une grande émotion en Provence ; elle est assimilée à un lycaon. » (p 207)
    • Le blog de C.MACÉ.
    • Journal Var Matin : « Vous avez entendu parler de la bête de Pignans ? Il y avait eu des témoignages plus ou moins fiables dans les années 1960 et on avait envisagé un animal exotique qui se serait échappé d'une résidence Tropézienne. J'étais petite à l'époque mais je m'en rappelle très bien... Le fauve de Pignans est de retour... »

 

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LA CABRO D'OR / LA CHÈVRE D'OR

  • Étymologie : Du latin "capra".
  • Où : Adorée dans l'ancienne Egypte, chantée par les poètes gréco-latins, redoutée par le monde judéo-chrétien, la chèvre ne laisse personne indifférent. La légende de la Chèvre d'Or est présente dans bien des lieux aussi bien en Provence que dans des contrées plus éloignées.
    Parmi les lieux les plus célèbres la grotte de la Cabro d'or se trouve :
    • Dans le Vaucluse (84) :
      • Au pied du Mont Ventoux à Malaucène (au lieu-dit « Les Aréniers », près de la source du Groseau, on dit que de gigantesques lingots d’or sont cachés derrière le Portail Saint-Jean qui ne s’ouvre que la nuit de Noël. Les audacieux peuvent s’en saisir au cours de la messe de minuit puisque la porte s’ouvre entre le début de l’Épître et la fin de l’Évangile)
    • Dans les Bouches-du-Rhône (13) :
      • Dans la grotte du Trau di fado (le trou des fées) dans le Val d'Enfer aux Baux-de-Provence (conté par Frédéric MISTRAL dans Mirèio).
      • La Chèvre d'Or aurait aussi fréquenté le lieu-dit "La Bastide Forte", situé sur la commune d'Eguilles.
      • Dans la grotte de Vernègues (entre Lamanon et Lambesc)
      • Au Val de Cuech à Salon-de-Provence
      • À Cordes (près d'Arles), à Montmajour.
    • Dans les Alpes-Maritimes (06) :
      • À Eze, sur le plateau de Sembola : on dit que c'est le hasard ou la destinée sous la forme d'une chèvre aux poils dorés qui guida le violoniste Zalto BALOKOVIC (1895-1965) vers un ensemble d'habitation qu'il acheta et restaura en 1923 et qu'il appela "La Chèvre d'Or".
      • À Biot, le "Jardin de la Chèvre d'Or" est une magnifique propriété qui doit son nom à une ruine romaine et à la légende selon laquelle une chèvre d'or y garderait à jamais un trésor caché en ces murs.
      • À Saint-Vallier-de-Thiez, à Roquefort-les-Pins, sur un rocher de Roquebrune-Cap-Martin, dans Lou trau de la cabro au Val d'Or près de Vallauris, et même dans un souterrain de Nice.
    • Dans le Gard (30) :
      • Au Trau de Sainte-Casarie à Villeneuve-les-Avignon.
      • Les anciens de la région de Bouquet, racontent qu'une chèvre en or fin est restée enfouie dans les oubliettes du château de Castellas. Sur les armoiries des Barjac, anciens seigneurs de ce lieu figure une chèvre d'or. Il est vrai que par temps de brouillard, la vue de la forteresse dressant vers le ciel ses murailles spectrales incite à l'imagination.
      • Dans la ville d'Aramon, d'origine celtique, elle aurait vu le jour sur les berges du Rhône grâce à l'édification d'un sanctuaire dédié au dieu Jupiter-Ammon : On raconte en effet qu'il y avait dans le passé sur la montagne qui domine le pays, côté nord, un autel dédié à cette divinité. La tradition ajoute que ce culte avait été introduit à Aramon par des étrangers navigateurs et commerçants, que la statue que l'on honorait par des sacrifices humains était en or massif et portait des cornes. Il est dit aussi qu'un jour ces étrangers, menacés par de puissants ennemis, quittèrent brusquement le pays et que, ne pouvant emporter leur dieu, ils le cachèrent dans une anfractuosité du Puech, l'énorme masse rocheuse qui domine la ville, se promettant de le récupérer plus tard ; mais ils ne revinrent pas et la statue resta cachée et s'y trouverait encore. De là, un dicton fort usité dans le pays, en parlant des miséreux : "En voilà qui auraient besoin de trouver la Chèvre d'or".
      • À Laudun, à Orsan.
    • Dans la Drôme provençale (26) :
      • À Montségur-sur-Lauzon
    • Dans le Var (83) :
      • Paul ARÈNE dit avoir rencontré la Chèvre d'Or au Puget.
      • La Chèvre d'Or aurait été présente en haut du Céran (un lieu situé dans les environs de Draguignan)
      • Elle est connue aussi à Trigance (un village du Haut-Var, limitrophe des Alpes de Provence) où les Templiers qui possédaient une commanderie auraient, selon la légende, caché un trésor.
      • À Vins-sur-Caramy, à Seillans, au Bau redoun dans le Tanneron, aux Arcs.
    • Dans le village de Grimaud, des habitants ont affirmé avoir vu la Chèvre et que son trésor était enterré dans le château fort des seigneurs de GRIMALDI des Princes de Monaco. Il y a d'ailleurs une avenue de la Cabro d'or où l'on a construit les bureaux du Trésor Public...
    • La légende faisant souvent référence aux Sarrazins, on ne s'étonnera pas de rencontrer la Chèvre d'Or en Espagne : par exemple sur la Costa Brava, dans les fondations du château de Quermanço. Salvador Dali avait de l'admiration pour cet édifice chargé d'histoire et entouré de légendes populaires. Il le visita à de nombreuses reprises lorsqu'il se rendait de Figueras à Cadaquès et, dans les années soixante, manifesta le désir de l'acquérir pour en faire la résidence de Gala, sa muse ; mais il ne parvint pas à s'entendre sur le prix avec son propriétaire d'alors. La légende raconte qu'une reine enchantée garde une chèvre d'or enterrée quelque part dans les souterrains du château. Selon certaines versions les juifs de Villa Judaica la vénéraient et l'avaient dissimulée en ce lieu au moment de leur expulsion de la Catalogne. Le récit le plus populaire rapporte cependant que vivait au château un roi maure qui possédait un énorme trésor acquis à l'occasion de ses victoires sur les autres seigneurs, trésor avec lequel il fit fondre une chèvre en or massif. Mais le jour arriva où, vaincu par un roi chrétien, il dut quitter le château. Aidé par ses serviteurs il tenta d'emporter la statue sur son dos et à pied, en empruntant des passages secrets qui débouchaient sur la mer à Port de la Selva. Mais la légende dit aussi que le roi et sa Chèvre d'Or n'atteignirent jamais le rivage et restèrent prisonniers de ces souterrains.
    • La légende de la Chèvre d'Or s'est aussi répandue plus au Nord. Il existe à Grandrif, au-dessus d'Ambert, dans le Puy-de-Dôme, un antre obscur appelé Grotte de la Chèvre où la tradition prétend qu'est enfouie une Chèvre d'Or. Les historiens font ici un rapprochement avec la chèvre Amalthée, nourrice de Jupiter, dont le culte aurait survécu longtemps à cet endroit. Naguère encore, dans la région, les chèvres qui mouraient de vieillesse étaient enterrées avec quelque cérémonie.
    • Dans les Ardennes belges la Chèvre d'Or a rencontré la fée de la Lienne. Au Moyen Age de modestes seigneurs vivaient dans la vallée de la Lienne : Un matin, le baron Rambert, parti à la chasse, épargna une biche qui le fixait d'un regard innocent et plutôt que d'abattre du gibier, préféra s'endormir au pied d'un arbre. À son réveil une jeune fille aux cheveux blonds, vêtue de voiles légers, le regardait, accompagnée d'une petite chèvre aux poils dorés. "Quel est ton nom, belle enfant ?". "Appelle-moi Lienne". Subjugué par sa beauté, le baron lui demanda de l'épouser. La jeune fille lui répondit : "Je n'aurais pas dû t'apparaître. Je te crois différent des autres hommes et n'ai pas pu résister à prendre forme humaine. Je suis la fée de cette rivière et je ne peux vivre avec toi que pendant cinq ans". Le baron, persuadé d'avoir trouvé la femme de sa vie, accepta le marché. Les jeunes gens se marièrent, firent bâtir le château de Grimbièmont et vécurent heureux pendant cinq ans, sans aucun souci d'argent puisqu'il suffisait de tondre la chèvre, ses poils d'or permettant de payer toutes les dépenses et sa toison miraculeuse repoussant aussitôt. À l'expiration du délai prévu Lienne perdit sa forme humaine et se transforma en une brume légère, laissant toutefois à son époux la Chèvre d'or en souvenir. Désespéré le baron Rambert partit en croisade et s'y couvrit de gloire (les poils de la chèvre d'or avaient permis de payer chevaux et équipement). À son retour, il quitta Grimbièmont et fit construire le château de Grimbièville où, après s'être remarié avec la fille d'un seigneur voisin, il vécut dans l'aisance jusqu'à sa mort, toujours grâce à la chèvre d'or. Le temps passa, puis sous Louis XIV la peste ravagea la contrée et le dernier descendant du baron Rambert ainsi que ses trois fils en moururent. Une nuit, un terrible orage détruisit le château et l'on vit la chèvre d'or s'élever dans le ciel puis disparaître. Les habitants de ce lieu disent que si vous vous promenez au bord de la Lienne par un beau matin d'été, dans la brume gorgée de soleil vous aurez peut-être la chance d'apercevoir la fée qui, pendant quelques années, fit le bonheur du baron Rambert.
    • La "Gatte d'Or" hante également les souterrains de la forteresse de Logne, située près du village de Durbuy, également dans les Ardennes belges : Bierloz était jadis un fief chargé de garder ce château fort. Au début du 13e siècle il y existait un donjon qu'occupait un vieux chevalier, père d'une fille d'une rare beauté, prénommée Marthe. Celle-ci avait de nombreux soupirants mais n'aimait que le jeune Alard, écuyer de Valéran, duc du Luxembourg, qui résidait au château de la Logne. Les jeunes gens, forts de l'appui de la duchesse qui les avait pris sous sa protection, étaient à la veille de se marier lorsque Marthe vint au château. Elle fit si vive impression sur Valéran que rapidement la voix de la raison et celle de l'honneur furent bafouées. Inconsciente du danger la duchesse partit séjourner dans son domaine de La Roche. Son mari se débarrassa sans difficulté d'Alard en l'envoyant à la forteresse de Poilvache, près de Dinant. Marthe, infidèle à ses serments et ingrate envers sa bienfaitrice, se laissa séduire par les richesses du duc. Alard en mourut de désespoir. Marthe n'en fut pas affectée et continua à se couvrir de joyaux et de riches parures. Insolente et cupide elle finit par être haïe de tous. Il arriva un jour, sans que l'on pût deviner ni pourquoi ni comment, que son corps chargé de lourdes chaînes d'or fut trouvé sans vie dans le souterrain qui porte le nom de "Gatte d'Or". Selon la légende, depuis cet évènement on rencontre de temps en temps dans les fondations du château une chèvre brillante de l'éclat des bijoux qui la recouvrent. Il est dit que si l'on parvenait à la saisir par la queue, elle serait contrainte d'indiquer l'endroit où Marthe aurait enfoui le trésor qu'elle avait accumulé pendant ses années de mariage.
  • Qui / Quoi : Chèvre magique. Le secret des trésors des Baux (et autres lieux ci-dessus) est gardé, dit la légende, par une chèvre d'or. Elle effacerait, dit-on, à coups de ses sabots, les signes autorisant la recherche des dépôts trésoraires et souterrains de cette merveilleuse région. Il suffit, prévient le poète, de ne pas la fuir, de la séduire... et elle acceptera de conduire une âme pure jusqu'aux emplacements fabuleux. Car maintenant, toute trace de cheminement a disparu, et seul cet animal magique peut encore trouver le chemin conduisant aux ultimes secrets des connaissances les plus hermétiques que nous avons recensées au fil de ces lignes.
  • Vaincu par : * (inoffensif)
  • Origine du mythe : C'était au temps où les Maures venaient juste d'être chassés de nos terres (VIIIe siècle). L'un d'entre eux, venu d'Espagne, avait tenté de s'emparer des Baux... En cas de péril, ou bien partant en guerre ou pour les croisades, les seigneurs du Moyen-Âge et les autres, jusqu'à une époque avancée, et même jusqu'à la Révolution de 1789, avait coutume de dissimuler leur or et leurs pierres précieuses en les cousant dans une peau de chèvre qu'ils dissimulaient souvent dans un puits ou un souterrain de leur château, ou dans toute autre cachette.
    Une "chèvre d'or" signifie donc un trésor caché dans une peau de chèvre. C'est assez prosaïque, mais néanmoins réel. La Cabro d'or est la gardienne d'une grotte où se trouve un trésor.
  • Associé à : Sa grotte. (+ Également la grotte de la vache d'or à St Léger du Ventoux et à Fontaine-de-Vaucluse.)
  • + En savoir plus :
    • Les merles punis : On raconte que jadis, les merles étaient blancs. Mais lorsqu'un d'entre eux entendit parler d'un trésor enfoui sous terre, il se précipita dans la faille de la grotte de la Cabro d'or pour voler des pièces d'or interdites.
      Aussitôt, il fut puni : une explosion survint, suivi d'un grand feu. Il s'enfuit mais son bec resta jaune de l'or qu'il avait touché, et son plumage fut teinté de noir à cause de la fumée.
    • Roman de Paul ARÈNE (1888)
    • Roman "Silmée, fille du Rhône" (2014)
    • Blog d'une passionnée
    • Lien Wiki.
  • Musique :
  • Dérivés :
    • Un marathon (depuis 1980) à Cabriès dans les Bouches-du-Rhône (13).
    • Un vin blanc de Cairanne (84).
    • Restaurants et hôtels : aux Baux-de-Provence (13), à Èze (06).
    • Un golf à Cabriès dans les Bouches-du-Rhône (13).
    • Chasse au trésor organisée par Serge PASTOR, lancée le 22 février 2010, qui consistait en un livret-roman de 8 énigmes à résoudre pour localiser un coffret contenant une petite chèvre enterré quelque part sur le territoire français métropolitain. La récompense promise à l'inventeur de ce coffret est une sculpture originale réalisée par un maître-potier, représentant la légendaire Chèvre d'Or de Provence. D'une veine très littéraire et donc très agréable à consulter et à chercher, la chasse a duré plus de 3 mois, jusqu'à la découverte du coffret sur la commune provençale de Meyrargues le 9 juin 2010.
    • Blason de la ville : d'Istrie, de Cabrières d'Avignon (armes de Murs, 84) et de Croatie.
    • C'est aussi le nom d'une association chorale, une ferme fabricant des fromages de chèvre, etc...

 

 

 

 

 

 

 

  • Texte / Conte :
    • « Vole la Cabro d’or, la cabro que degun de mourtau ni la pais ni la mousi. Que sous lou ro de Bau-Maniere lipo la moufo roucassiero » (extrait de Mireille de Frédéric MISTRAL)
      TRADUCTION :
      "Je veux la chèvre d'Or, la chèvre que nul mortel ne paît ni trait qui, sous le roc de BausManière lèche la mousse des rochers. Ou je me perdrais dans les carrières, ou tu me verrais ramener la chèvre au poil roux ! Hélas ! Combien d'âmes sèches et affamées de gain mordant au piège du noir antenois et à la Chèvre d'Or font humer leur encens !"
    • "Sur le versant méridional du plateau des Encourdoules (nom qui semble dérivé de Cordoue, l'ibérique) qui domine Valauris, une faille de roc donne péniblement accès à la grotte de la Chèvre d'Or, lou trau de la cabro, où seraient entassées en des profondeurs mystérieuses des masses d'or et de pierres précieuses. On ne pourrait arriver jusqu'à ces trésors sans l'aide d'une chèvre aux cornes d'or, postée sur le seuil et invisible durant le jour. Elle apparaît le soir, éveillant, par ses bonds capricieux, la curiosité du passant. Malheur à celui qui la suivrait dans la grotte, il ne reverrait jamais la douce lueur du jour. Égaré dans le labyrinthe des couloirs ténébreux, il perdrait bientôt le trace de la chèvre aux cornes d'or et mourrait misérablement de faim, de soif et d'épouvante, près des plus mirifiques richesses. C'est ce qui est arrivé, dit-t-on, à tous ceux qui ont voulu suivre la chèvre dans sa sombre retraite" (extrait du Folklore de la Provence de Claude SEIGNOLLE)
    • "J'avais rencontré la Chèvre d'Or dans tous les coins de Provence : aux Baux, à Gordes, à Vallauris... Partout la légende se rattachait aux souvenirs de l'occupation sarrasine, et partout il s'agissait d'une chèvre à la toison d'or, habitant une grotte pleine d'incalculables richesses et menant à la mort l'homme assez audacieux pour essayer de la traire ou de s'emparer d'elle..." (extrait du roman de Paul ARÈNE)
    • N°1 :
      La légende remonte au temps où les vieilles masco (sorcières) jouaient un rôle important dans la vie des provençaux. Voici ce qui se disait dans les veillées par nos anciens et les bergers.
      Un riche seigneur Maure, fuyant le pays avec son trésor, chercha une cachette pour l’y entreposer quelque temps, dans l’espoir de venir le reprendre dans des jours meilleurs. Il arriva dans le Val d’enfer (près des Baux-de-Provence) avec son serviteur. Ils virent l’entrée d’une grotte où paissait une chèvre échappée d’un troupeau, et profitant de l’aubaine se régalait d’herbes tendres et parfumées. Le maître dit à son serviteur : "J’ai enfin trouvé l’endroit idéal pour mon trésor. Ce val a mauvaise réputation et personne ne viendra par ici." Le serviteur essaya de faire changer d’avis son maître et refusa de le suivre dans cette grotte maudite. Car il avait entendu les pires histoires sur ce lieu. Les paysans disaient qu’une vieille masco vivait dans la grotte et que nul n’en était ressorti vivant. Mais le maître n’écouta pas. Il était un fier guerrier et rien ne lui faisait peur. Il prit ses sacoches et en entraînant la chèvre avec lui, il pénétra dans la grotte. Le serviteur se mit à prier pour son maître. Le seigneur, lui, avança dans les profondeurs de la Terre, persuadé que grâce à la chèvre, il retrouverait son chemin de retour.
      Au bout d’une heure, des bruits terrifiants sortirent de la grotte. Le serviteur terrifié n’eût pas le courage d’aller au secours de son maître. Les heures passèrent et le soir dans le couchant, il vit ressortir une chèvre. Mais ce n’était plus la chèvre de son maître. Celle-ci avait un pelage d’or. Elle se dressa fière et gratta le sol de son sabot, Puis elle gravit les rochers et se posta en haut de la falaise. Les derniers rayons du soleil, mettaient du feu dans sa robe. Le serviteur terrorisé s’enfuit et ne revint jamais. Tout au long de sa fuite, il raconta l’histoire de son maître et du trésor. Mais nul jamais ne le trouva. Des bergers dirent avoir aperçu la fameuse Cabro d’Or sur les rochers, mais personne n’osa la suivre dans les profondeurs de la Terre.
      La légende dit que, si vous faites attention, vous pouvez trouver de fins fils d’or dans la colline accrochés aux herbes ; et certains soirs, voir la Cabro d’Or sauter de rocher en rocher. Surtout ne la suivez pas...
    • N°2 :
      Un roi Maure venu d'Espagne avait tenté de s'emparer des Baux mais les habitants étaient parvenus finalement à le vaincre. Il se nommait Abd al-Rhaman et emportait dans sa fuite un butin fait d'argent, d'or et de pierreries, accumulé au cours de ses précédentes conquêtes. Accompagné du seul serviteur qui ne l'avait pas abandonné dans sa déroute, il voulut mettre son trésor à l'abri afin d'alléger sa monture, estimant préférable de rentrer chez lui le plus vite possible et de revenir plus tard récupérer son magot. À la recherche d'une cachette, il pénétra au lieu-dit le Val d'Enfer et aperçut l'entrée d'une grotte connue sous le nom de "Trou des fées", qui lui parût suffisamment sûre pour pouvoir y dissimuler son trésor. Cependant, son serviteur le mit en garde : "Seigneur, selon les habitants du lieu, ce puits descend jusque dans les entrailles de la terre et les personnes qui s'y sont aventurées n'en sont jamais remontées". Son maître éclata de rire : "Balivernes ! Si cette caverne est aussi profonde et maudite qu'on le dit, tant mieux ! Ma fortune y sera à l'abri des curieux". Voyant que son valet n'était toujours pas rassuré, il avisa un troupeau de chèvres qui gambadaient sans surveillance sur un pré voisin. Il descendit de cheval, choisit parmi elles une petite chèvre blanche et la poussa devant lui à l'entrée de la grotte en disant à son serviteur : "Cet animal agile me montrera le chemin. Là où il parviendra à passer je suis sûr que je passerai !". Abandonnant son compagnon il s'engagea dans l'étroit couloir et arriva dans une sorte d'antichambre où il fut assailli par une multitude de chauves-souris particulièrement agressives. "Arrière, mouches de l'enfer !" hurla-t-il en agitant son sabre, coupant les ailes de l'une, la tête de l'autre, les pattes d'une troisième... Mais, vaincu par le nombre, il finit par baisser les bras. Le poussant et le piquant du bout de leur nez les mammifères ailés l'obligèrent à pénétrer dans un antre éclairé de torches où vivait la sorcière Taven que l'on appelait aussi "la masco". C'était une femme dont le visage et le corps étaient en partie cachés par une sorte de halo de brume grise où flottaient des formes imprécises de squelettes, de serpents, de loups aux yeux injectés de sang. Après avoir ordonné aux chauves-souris de s'éloigner, elle demanda au visiteur ce qu'il venait faire ici. Ne voulant pas dévoiler la présence de son trésor dans les sacs camouflés sous son manteau, Abd al-Rhaman mentit : "Je me suis égaré dans ce labyrinthe et je cherche à en sortir". "Nul ne peut revenir en arrière" déclara la masco. "Toi et ta chèvre vous devrez aller plus avant sans craindre d'affronter les maléfices et les dangers que vous rencontrerez sous vos pas. Pour cela vous devrez traverser le voile de songes dont je suis entourée. Et vous risquez de ne pas en sortir vivants". De son doigt crochu elle indiqua une direction. En s'y engageant le roi Maure et sa chèvre pénétrèrent dans le voile brumeux qui enveloppait la sorcière. Le Maure y aperçut un trou devant lequel sept chats montaient la garde. Il y entra et découvrit une nouvelle galerie souterraine où la masco préparait ses philtres et potions. Dans son dos il sentit le souffle fétide de l'inquiétante créature et se retourna. La sorcière lui tendait trois fioles contenant chacune un liquide. L'une était en forme de fleur, l'autre en forme de boule blanche, la troisième en forme de croc. "Ni ta force, ni ton sabre ne pourront te servir contre les ennemis de l'ombre" dit-elle. "Or, tu es vaillant, courageux, et je n'aime pas que les combats soient à ce point perdus d'avance. Tu devras te fier à l'instinct de ta chèvre pour choisir ta route et affronter les créatures que tu y rencontreras. Je ne peux rien faire d'autre pour toi que t'armer de mes poisons et de mes élixirs magiques". Après lui avoir confié les trois fioles puis souhaité bonne chance la sorcière s'apprêtait à lui indiquer quelle était la nature des épreuves qui l'attendaient dans chacun des deux goulets qui s'ouvraient devant lui. Mais la petite chèvre s'engagea immédiatement dans le passage de gauche et Abd al-Rhaman dut lui emboiter le pas sans que la masco ait eu le temps de l'avertir des risques particuliers qu'il y encourait. Il marcha dans un long corridor puis pénétra dans une chambre où poussait une gigantesque mandragore à la silhouette et au visage humains. Tendant vers l'intrus ses doigts interminables elle l'emprisonna et tenta de l'étouffer entre ses dix bras mouvants. Choisissant en toute hâte de déboucher la fiole en forme de fleur, le Maure en jeta quelques gouttes sur ce dangereux adversaire qui, aussitôt relâcha son étreinte et périclita à vue d'oeil. Il put ainsi se dégager et poursuivre son chemin avec sa chèvre. Après avoir descendu les marches d'un escalier vertigineux tous deux arrivèrent dans une salle peuplée de fantômes. Au coeur des ténèbres humides, ils aperçurent leurs robes transparentes et écoutèrent monter de leurs gorges invisibles leurs gémissements maléfiques. Abd al-Rhaman choisit alors de déboucher la fiole en forme de boule blanche et en aspergea les revenants qui disparurent immédiatement. Poursuivant leur chemin entre des murailles infranchissables et des gouffres sans fond les deux protagonistes continuèrent d'avancer à tâtons et finirent par apercevoir une lueur rougeâtre. "Le soleil" s'écria le Maure, nous approchons de la sortie". Il se précipita en avant mais la chèvre refusa de l'accompagner. Il la força à le suivre et ayant remarqué une excavation à l'arrière d'un rocher, il estima avoir trouvé la cachette qu'il cherchait. Il y entassa les pièces d'or, les bijoux d'argent, les pierreries et les autres richesses. Quand il eut fini, il se retourna et se trouva nez à nez avec une imposante bête noire aux canines luisantes comme des lames d'acier, aux yeux incandescents comme un brasier. Comprenant qu'il s'était trompé et qu'il avait pris ce regard pour la lumière du soleil couchant, le roi Maure chercha la fiole en forme de croc. Mais il l'avait fait tomber en ouvrant son manteau pour en sortir les sacs dans lesquels il transportait son trésor. N'écoutant que son courage il engagea avec le monstre un combat mortel. La bête sauvage rugit si fort que les murs de la caverne s'effritèrent et que la petite chèvre s'empressa de trouver refuge dans une anfractuosité du roc. Les cris et les grondements durèrent longtemps. Lorsque la première étoile s'alluma dans le ciel des Baux, un grand silence s'établit. Le sol cessa de trembler sous les assauts des deux combattants, les pierres cessèrent de rouler le long des pentes, la poussière cessa de s'élever des fentes du sol. Quand la lune brilla de tout l'éclat de son croissant recourbé comme le sabre d'un guerrier le compagnon d'Abd al-Rhaman vit surgir de la grotte la petite chèvre couverte de poudre d'or, le trésor ayant été réduit en cet état par la violence de l'affrontement. Après une longue attente le fidèle serviteur comprit qu'il ne reverrait plus jamais son maître. Préférant abandonner le reste des richesses aux forces obscures qui régnaient dans les profondeurs, il enfourcha le cheval de son seigneur et s'enfuit au galop. Sur le chemin du retour il fit halte chez un vieux berger compatissant à qui il raconta cette histoire. Puis il rejoignit la côte où il s'embarqua sur le premier navire en partance pour l'Espagne. Selon la tradition des Baux la Chèvre d'Or continua à errer autour du Trou des fées et dans le Val d'Enfer. Des pâtres l'aperçurent parfois, mais ceux qui la suivirent ne revinrent jamais de leur voyage dans les profondeurs de la grotte.

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LOU COULOBRE / LA COULEUVRE GÉANTE

  • Étymologie : Du latin "coluber".
  • Où : Près de Fontaine-de-Vaucluse et dans la Sorgue (84). Il en existe aussi une autre dans le Gard près de Bagnols-sur-Cèze (30). Enfin dans le Sud-Ouest près de Périgueux ou Bergerac.
  • Qui / Quoi :
    • Version 1 du sud-ouest : C'était un dragon sans pattes, le Coulobre, qui habitait une caverne druidique près de Lalinde et enlevait les malheureux habitants du sommet de leur murailles, principalement les vierges, et les bateliers dans leurs bateaux, il se repliait ensuite dans son repaire et y dévorait sa proie. Il était d'une immensité incroyable. La légende raconte que le Coulobre avait un pied sur le haut de la colline surplombant Lalinde, à l'endroit où fut construit l'église de Saint-Front et l'autre pied dans la Dordogne Au Saut De La Gratusse. L'apôtre Saint-Front fit dresser un bûcher sur la colline voisine et ordonna au dragon de s'y précipiter. Le monstre se traîna lui-même au milieu des flammes et La Linde, qui à l'époque s'écrivait en deux mots, fut délivrée…
    • Version 2 provençale : Le Coulobre est un énorme serpent ailé, une couleuvre géante, qui vit en Provence dans les eaux de la Sorgue près de Fontaine-de-Vaucluse. Hérissé de crêtes écailleuses, pas de pattes mais pourvu d'ailes géantes, elles-mêmes acérées avec des griffes comme les nageoires d'une rascasse.
      Cette créature est réputée s'accoupler avec des dragons qui l'abandonnent ensuite, la forçant à élever seule les petites salamandres noires dont elle a accouché à la suite de son union avec un dragon. Celui-ci l'ayant abandonné, elle cherche désespérément un nouvel époux et un père pour ses enfants. Mais sa laideur repousse et décourage les prétendants les plus hardis.
    • Version 3 provençale : Celle de Bagnols-sur-Cèze dans le Gard a sept têtes et sept queues.
  • Vaincu par :
    • 1) saint Front (de Périgueux) ;
    • 2) saint Véran (évêque de Cavaillon) : Selon la légende, il chassa cette immonde bête dans les Alpes où elle s'en fut mourir. Le village de Saint-Véran aurait été son lieu de chute. Il est à signaler qu'en remontant le sentier qui mène vers la source, on croise encore le « Trau dóu Couloubre ».
    • 3) le poète Pétrarque (au 14e siècle) : On dit que Pétrarque aurait été attaqué par l'une de ces créatures jalouses alors qu'il se trouvait au bord de l'eau avec sa bien-aimée Laure de Noves : il tua le monstre d'un coup d'épée mais sa femme mourut ensuite de la peste. Le Coulobre est mentionné comme étant le dragon sorti de la grotte de la fontaine de Vaucluse d'où sort la Sorgue. (NB : On a plongé jusqu'à -385 m dans l'eau mais on n'a jamais rien trouvé...)
  • Origine du mythe : IIIè siècle (saint Front) ou VIè siècle (saint Véran) ?
  • Associé à :
    • La Vouivre : Les vouivres ont une double apparence ; tantôt elles se montrent sous la forme d'une splendide naïade (gardienne des rivières), reconnaissable à l'escarboucle qu'elle porte au front, et tantôt sous la forme d'un dragon ou d'un serpent ailé.
      Elle a l'habitude de dormir une grande partie de la journée, lovée sur elle-même. Aux beaux jours, elle se réveille, retire sa peau de serpent et se baigne toute nue. Elle prend soin de cacher dans l'herbe ou dans le creux d'un rocher sa précieuse escarboucle. Le mortel qui parvient à dérober le bijou sans se faire prendre par la Vouivre devient riche et puissant ; si celui-ci se fait prendre, il se fera dévorer.
      Sous sa forme de femme, elle est belle, brune et musclée. Sous sa forme serpentine, elle est bien sûr écailleuse. Elle a aussi des ailes membraneuses qui lui permettent le survol nocturne de son territoire. Redoutable comme un dragon, elle n'hésite pas à voler du bétail qu'elle dévore tout crus au fond d'une faille dans une falaise, près de la rivière dont elle a fait son refuge.
    • Glycon.
  • Art :
    • Fresque peinte par Simone MARTINI dans la cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon.
    • Tableau de la victoire au combat avec saint Véran.
    • Statue à la sortie de l'église du village de St Véran.
    • Concours de dessin à Istres > mascotte de l'office de tourisme.
    • Film : voir la couleuvre géante dans "Le château de ma mère" de Marcel PAGNOL.
    • Musique : Chanson de le Coulobre de Jean-Bernard et Thibaut PLANTEVIN.
    • Char lors du carnaval 2012 de Bergerac : « Les Bergeracois aiment le carnaval (même sous la pluie). Dans les rues du centre-ville, galvanisées par le chant des bandas et le rythme des percussions, les familles escortent « Pétassou le Coulobre » jusqu'au bûcher, où les flammes ont achevé de le dévorer. Pour faire honneur au patron du carnaval, adultes et enfants prennent soin de revêtir un déguisement. Certains optent pour les rayures du tigre, d'autres pour les griffes de l'ours, toujours en lien avec le thème du carnaval, dédié cette année aux animaux de la Terre.
      Après avoir laissé le soin aux chars de les guider à travers la ville, parents et enfants se sont spontanément retrouvés sur la place de la République pour participer aux ateliers organisés par les partenaires associatifs de la manifestation. « C'est aussi ça, le carnaval : un vrai temps de jeu pour les mômes et une belle occasion pour les parents de se rapprocher d'eux », confie la maman d'une petite fille déguisée. Sous les traits de maquillage, il y a des sourires qui en disent long sur le bonheur d'être ensemble ! »
  • + En savoir plus : Wiki.



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LOU DRA / LE DRAC

  • Étymologie : Comme le Dragon, le mot Drac vient du grec "drakos".
  • Où : Vit dans le sud du Rhône (13 et 84) :
    • À Arles, à Avignon, à Mondragon et à Beaucaire.
    • On le trouve également à Draguignan, au Cap Mouret (près de Toulon), à Pont-Saint-Esprit (où il orne une fontaine) ou bien sculpté sur l'église de St Restitut.
    • Et en Espagne : à Montblanc en Catalogne, à Villafrance et à Valence.
  • Qui / Quoi : Sorcier ou Dragon, marié, une femme et un enfant. Invisible.
    Assimilé au dragon, le Drac est surtout connu dans le midi de la France. Il vit essentiellement dans les eaux douces, les rivières, les sources et les puits. Son apparence varie selon les légendes. On le représente parfois avec un joyau sur le front (comme la vouivre) ou bien avec de longs cheveux d'algues vertes et des nageoires translucides (comme les ondins). Il peut prendre l'apparence d'un agneau blanc, d'un lapin, d'une bûche, d'un âne noir, d'une jument rousse, d'un lutin, voire d'un être humain (La version la plus célèbre est sous l'apparence d'un sorcier, marié qui a tué sa femme et qui enlève des jeunes vierges pour service de nourrice à ses enfants). Il hante les lavoirs où il enlève les nourrices pour les obliger à allaiter ses enfants, qui ne sont sevrés qu'au bout de 7 ans. Les nourrices sont remises alors en liberté.
  • Vaincu par : saint Georges ?
  • Origine du mythe : D’après la légende, le Drac est un monstre qui vivait au fond du Rhône, ce serait le fils du Léviathan qui vivait en Asie (donc le frère de la Tarasque). Une fois adulte, il dut quitter son père et partir à la recherche d’un lieu. En passant près de l’embouchure du Rhône, il le trouva si puissant qu’il décida de mesurer sa force au fleuve et commença à remonter celui-ci. Une fois parvenu à la hauteur d’Arles, le monstre ne put continuer sa remontée et décida de s’y installer. On raconte pourtant des faits qui se seraient passés jusqu'à Avignon...
  • Associé à : .
  • + En savoir plus :
    • Lors de la "Nuit du Drac" un jeu où figure un combat entre le saint et un dragon, le monstre est entouré de centaines de "diables" accompagnés de tambours. Durant près d'une demi-heure, les "Diables" entonnent une sarabande autour du "Drac" qui pousse de féroces rugissements. Le jeu se termine par des feux portés par les "diables" qui s'approchent du public pour l'empêcher de nuire à leur allié. Cette représentation semble émerger dès le 15è siècle.
  • Musique :
    • "Le Drac" : Opéra (1896) de HILLEMACHER et Louis GALLET (d'après la pièce de théâtre de George SAND en 1861)
    • "Lou Drac" vers 1930 (chanson sur des paroles d'Henri CLARIOT, sur l'air de La cambo me fai mau)
    • Chanson du Drac (créée pendant le stage PLV 2011)
    • "Lo drac pòt èsser tanben una soca" (2016) et "Lo drac pòt èsser tanben un concert" (2019) du groupe Feràmia.
  • Blason de la ville : de Draguignan, de Ferres, Peillon, Menton, Castillon, Saorges, Sospel, Fontan, Saint-Anasthasie-sur-Issole, Saint-Jurs, Vallabrègues, Tarascon...


  • Texte / Conte :
    • Conte : « Un soir, le vieux Saint Césaire, qui habitait Arles, alla prendre l’air du côté du Rhône. C’était un soir de Mistral et le fleuve descendait vers la mer avec des vagues rageuses. Le vieil homme se tenait sur la berge et regardait la puissance de la nature. Il bénit les eaux et alors qu’il s’apprêtait à rentrer chez lui, il aperçut une jeune femme qui émergeait de l’onde. Saint Césaire très étonné regarda la femme s’avancer vers lui.
      Elle lui dit : "J’étais en train de laver la chemise de mon enfant, lorsqu’elle m’échappa des mains et en voulant la rattraper j’ai glissé sur les galets, et je me suis retrouvé entraînée au fond du fleuve."
      Saint Césaire lui répondit : "Sortez de l’eau mon enfant et rentrez chez vous maintenant rejoindre votre famille."
      Quelques jours plus tard, il revit la jeune femme qui regardait le Rhône d’un air absent. Il s’approche d’elle et lui demande si tout va bien.
      "Oh mon père bénissez-moi, je ne reconnais pas mon enfant et mon mari me croyait morte, les voisins me disent que je suis partie pendant sept ans. Lorsque je suis tombée à l’eau, le courant m’a envoyé au fond du Rhône. Là dans une caverne, le Drac m'a demandé, pour sauver son enfant de lui donner le sein. Je ne pouvais pas refuser car il me promit de me relâcher aussitôt son enfant rassasié. Alors je pris son enfant et je l’allaitai. Un coupe se remplissait de gouttes d’eau et lorsqu’elle fut pleine, l’enfant sauta de mes genoux et parti vers son père, qui fou de joie de retrouver son enfant me relâcha."
      Le Saint bénit la femme pour lui enlever le mauvais esprit. Elle put ainsi retrouver les siens et recommencer une vie heureuse. »
    • Extrait du chant VI du Pouèmo dóu Rose de Frédéric MISTRAL :
      « L’ai toujour ausi dire : souto Rose
      En de founsour que soun descouneigudo,
      Ié trèvo, despièi que lou mounde es mounde,
      Un fantasti nouma lou Dra. Superbe,
      Anguiela coume un lampre, se bidorso
      Dins l’embut di revòu mounte blanquejo,
      Emé si dous iue glas que vous trafuron.
      A lou péu long, verdau, flus coume d’augo,
      Que floto sus sa tèsto au brand de l’oundo.
      A li det, lis artèu, pèr ausi dire,
      Tela coume un flamen de la Camargo
      E dos alo de pèis darrié l’esquino
      Clareto coume dos dentello bluio.
      Lis iue à mita claus, nus coume un verme,
      N’i’a que l’an agu vist, au founs d’un toumple,
      Estalouira au soulèu subre l’areno,
      Pipant coume un lesert la souleiado,
      La tèsto revessado sus lou couide.
      Barrulant souto l’aigo emé la luno,
      N’i’a que l’an entre-vist, dintre li lono,
      Avera d’escoundoun li flour de glaujo
      O de l’erbo-d’infèr… »
      « J’ai toujours entendu dire : sous le Rhône
      En des profondeurs qui sont inconnues,
      Fréquente, depuis que le monde est monde,
      Un être fantastique nommé le Drac. Superbe
      Et svelte ainsi qu’une lamproie, il se tortille
      Dans l’entonnoir des tourbillons où, blanc,
      Il vous transperce de ses deux yeux glauques.
      Ses cheveux longs, verdâtres, floches comme de l’algue,
      Lui flottent sur la tête au mouvement de l’onde.
      Il a les doigts, dit-on, et les orteils
      Palmés, comme un flamant de la Camargue,
      Et deux nageoires derrière le dos,
      Transparentes comme deux dentelles bleues.
      Les yeux à moitié clos, nu comme un ver,
      Il en est qui l’ont vu, au fond d’un gouffre,
      Nonchalamment couché au soleil sur le sable,
      Humant comme un lézard la réverbération,
      Avec la tête renversée sur le coude.
      Errant sous l’eau avec la lune,
      D’autres l’on entrevu, dans les flaques tranquilles,
      Qui, à la dérobée tirait les fleurs d’iris
      Ou de nénuphars. »

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LOU DRAGOUN DE L'APOUCALÙSSI / LE DRAGON ROUGE DE L'APOCALYPSE

  • Étymologie : Du grec "drakos".
  • Où : À Menton (06) et au Mont Saint-Michel (50).
  • Qui / Quoi : L'Apocalypse est un texte de Saint Jean l'Évangéliste qui vient ponctuer le Nouveau Testament. Il se distingue des Evangiles et des Actes des apôtres par un symbolisme beaucoup plus poussé.  Plusieurs dragons sont évoqués dans la Bible, qui symbolisent tous le mal, le péché, la barbarie, le paganisme et, finalement, l’incarnation de Satan lui-même. Le plus monstrueux de tous, Draco Magnus, n’échappe pas à la règle. Cette bête terrifiante apparaît dans l’Apocalypse de saint Jean, un récit consacré à l’évocation de la fin des temps. Elle y est décrite comme « un énorme dragon rouge feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête est surmontée d’un diadème. Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la Terre. » (Apocalypse, 12, 3-4). Il est dit que le dragon s’approche d’une femme en train d’accoucher, qui est la figure de la Vierge Marie donnant naissance à Jésus : in s’apprête à dévorer son enfant sitôt qu’il sera né. Mais Dieu ne l’entend pas de cette oreille : il soustrait l’enfant au danger et le transporte à ses côtés, tandis que sa mère trouve refuge dans le désert où l’attend un lieu sûr regorgeant de nourriture, préparé par Dieu pour elle.
    Saint Michel, archange guerrier, est envoyé sur les lieux avec ses anges pour affronter le monstre, lui-même soutenu par une armée de démons. L’envoyé de Dieu finit par vaincre le monstre : « Le dragon riposta avec ses anges, mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. On le jeta donc, l’énorme dragon, l’antique serpent, le diable ou le Satan comme on l’appelle, le séducteur du monde entier, on le jeta sur la Terre et ses anges furent jeté avec lui. » (Apocalypse, 12, 79). L’archange saint Michel terrassant le dragon rappelle que le mal et la mort sont vaincus, pour celui qui sait revêtir l’armure de la foi..
  • Vaincu par : L'archange saint Michel.
  • Origine du mythe : Cité dans la Bible.
  • Associé à : La religion.
  • + En savoir plus :
    • La ville de Menton arbore sur ses armoiries depuis le Moyen-Âge le combat de saint Michel contre le dragon. Le blason originel, sur fond d’azur, montrait le héros biblique debout sur la bête vaincu, une balance dans la main droite et une épée dans la main gauche, encadré par les mots Defensor Mentoni (le défenseur de Menton). Aujourd’hui, le dragon s’est mué en démon, et il partage le blason avec un citronnier, arbre emblématique de la ville, surmonté de trois étoiles.
    • Le mont Saint-Michel doit son nom au terrible combat qui apposa l’archange à Draco Magnus. En Bretagne, on raconte en effet que l’affrontement commença sur le mont Dol et s’acheva sur le mont Tombe, l’actuel mont Saint-Michel. Aubert, l’évêque d’Avranches, qui avait assisté au combat, fut peu après visité en songe par saint Michel. Celui-ci lui ordonna de lui construire un autel sur les lieux mêmes de sa victoire contre le mal. Mais le pauvre évêque se crut devenu fou, et il n’obéit pas à son rêve. Saint Michel revint une deuxième fois sans plus de succès. Furieux, il décida la troisième fois de laisser une preuve de son passage : un petit trou circulaire dans le crâne de l’évêque. Ce dernier fit alors construire n oratoire en forme de grotte, autour duquel fut ensuite bâtie la cité du mont Saint-Michel. On peut aujourd’hui encore, voir le crâne troué de l’évêque dans la basilique d’Avranches.

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LOU DRAPET / LE DRAPÉ

  • Étymologie : Lou Drapé / lo Drapet (en occitan provençal). Selon Frédéric MISTRAL, drapet ou draquet désigne un petit drac, soit un petit lutin en Languedoc. Il signale en outre qu'à Montpellier (à peu de distance d'Aigues-Mortes), cela désigne un revenant, peut-être un fantôme « drapé » dans un suaire, ce qui pourrait expliquer la parenté et l'amalgame des formes drapé-drapet-draquet. Il n'existe toutefois pas de source directe pour expliquer ce nom.
  • Où : Issu du folklore propre à la ville d'Aigues-Mortes, dans le Gard, en région marécageuse de Petite Camargue.
  • Qui / Quoi : Lou Drapé (lo drapet en occitan provençal) est un cheval légendaire. Il est censé se promener autour des remparts de la cité pendant la nuit, et prendre un grand nombre d'enfants sur son dos pour les enlever, les enfants emportés ne revenant jamais de leur voyage.
    Le Dictionnaire des symboles s'attache à la blancheur des chevaux « blêmes et pâles », animaux « nocturnes, lunaires, froids et vides », comme un suaire ou un fantôme, qu'il ne faut pas confondre avec les animaux ouraniens. Leur couleur évoque le deuil, comme la monture blanche du cavalier de l'Apocalypse annonçant la mort. La couleur blanche « lunaire » que le Drapé partage avec d'autres chevaux maléfiques (comme le cheval Mallet) selon les versions plus tardives de la légende, serait celle des chevaux maudits. L'une des caractéristiques typiques du Drapé est son dos qui s'allonge afin de permettre à un grand nombre d'enfants d'y grimper. On la retrouve chez d'autres chevaux-fées tels que Bayard et la blanque jument du Pas-de-Calais. Selon Henri DONTENVILLE, c'est une caractéristique serpentine, ou du moins reptilienne. En effet, « il n'y a qu'à regarder se dérouler un serpent ou plus simplement un ver de terre pour comprendre d'où vient ce mythe ». Pierre LAFFORGUE rapporte dans un recueil de contes de Jean-François BLADÉ qu'une monture portant trois cavaliers et plus et possédant un dos qui s'allonge est un cheval Mallet, forme du diable qui ne peut être combattue qu'avec un signe de croix et en refusant de la monter.
  • Vaincu par : *
  • Origine du mythe : Lou Drapé a la particularité de ne s'attaquer qu'aux enfants vagabonds, ce qui en fait, comme Collin de PLANCY l'a fait remarquer, un symbole réprimant la négligence des mères. Sa relation avec le croque-mitaine et l'ogre, dont il rejoint le rôle de « terreur des enfants », a été évoquée entre autres par l'anthropologue Nicole BELMONT. Lou Drapé est, en outre, propre au folklore de la ville d'Aigues-Mortes, où « se jette dans des marécages le terrible Vidourle », connu pour ses crues dévastatrices. Pour Jacques de BIEZ, il aurait également symbolisé le courage du cheval devant le travail, parce qu'il « ne regarde pas à l'ouvrage. Il fait son devoir. ».
  • Associé à :
    • La religion catholique.
    • Il s'agirait d'une version du Drac des pays occitans, créature néfaste qui peut prendre la forme d'un cheval. Ce cheval blême, symbole de mort, est évoqué pour faire peur aux enfants à l'instar du croque-mitaine ou du grand méchant loup dans d'autres régions de France. Il rejoint un folklore abondant de chevaux maléfiques et ravisseurs, souvent en relation avec l'élément liquide.
    • On trouve également d'autres chevaux diaboliques à Beaumes-de-Venise. (cf. peinture dans la chapelle de St Sébastien, fin 18e siècle.)
    • Des légendes très proches de celle du Drapé circulent : au trou de Viviès (à trois kilomètres de Narbonne), un cheval fabuleux à la croupe extensible prenait un grand nombre d'enfants sur son dos et les enlevait, on ne les revoyait jamais. Une variante existe avec un âne au Mas-Cabardès, lui aussi s'allongeait l'échine pour accueillir des enfants. Un jour, il traversa une rivière en portant une douzaine d'entre eux et, parvenu au milieu, les laissa choir dans l'eau avant de prendre une autre forme et de se percher sur un rocher voisin, riant du mauvais tour qu'il leur avait joué. Ces deux légendes sont également des variantes du Drac.
  • Musique :
    • Comptine pour enfants : "Qui montera lou Drapé ? Toi ou Moi ? Celui que lou Drapé emportera, ce sera toi !"
  • + En savoir plus : Wiki, La Sorbonne, Ville d'Aigues-Mortes, Cheval-Savoir

  • Texte / Conte :
    • « Lou Drapé » est mentionné dans un texte de 1818, par Jacques-Albin-Simon Collin de PLANCY dans son ouvrage le Dictionnaire infernal qui recense les créatures démoniaques :
      « On donne à Aigues-Mortes le nom de lou Drapé à un cheval fabuleux, qui est la terreur des enfants, qui les retient un peu sous l'aile de leurs parents, et réprime la négligence des mères. On assure que quand lou Drapé vient à passer, il ramasse sur son dos, l'un après l'autre, tous les enfants égarés ; et que sa croupe, d'abord de taille ordinaire, s'allonge au besoin, jusqu'à contenir cinquante et cent enfants, qu'il emporte on ne sait où. »
      (NB : Les éditions postérieures du dictionnaire infernal, remaniées par rapport à la première édition, mentionnent également lou Drapé de la même façon, en 1844, 1845 et 1846.)
    • « Cheval fabuleux dont les habitants d'Aigues-Mortes, en Languedoc, effrayent leurs enfants. C'est comme le croque-mitaine des Parisiens, l'ogre du Petit Poucet de C.PERRAULT. Quand lou Drapé, disent-ils, passe dans la rue ou sur un chemin, il ne manque pas de saisir et de mettre sur son dos, l'un après l'autre, tous les enfants égarés ; sa croupe s'allonge au fur et à mesure qu'il faut plus de place, de manière qu'il peut en emporter à la fois cinquante et cent s'il le faut. Où conduit-il ensuite sa charge ?! Ma foi, l'on n'en sait rien ; mais les petits bandits ne peuvent s'attendre à autre chose qu'à recevoir le fouet tous les jours et manger du pain sec. Lou Drapé ou le Drapé est donc non-seulement pour les bambins un objet de terreur, mais encore le thème de leurs plus sérieux commentaires. »
      (Jacques-Paul MIGNE, Encyclopédie théologique, 1856, ouvrage catholique écrit en collaboration avec Collin de PLANCY)
    • Le Guide de la Provence mystérieuse, publié en 1965, affirme qu'à la même époque on menaçait encore les enfants du passage de lou Drapé. Dans la publication ésotérique Les dossiers de l'Histoire mystérieuse, en 1988, lou Drapé est décrit comme un grand cheval blanc fantomatique qui se promène certaines nuits autour des remparts d'Aigues-Mortes, et produit un son mélodieux avec ses sabots. Sur son passage, les enfants se réveillent et sortent de leurs maisons, sans un bruit, pour attendre le passage de l'animal hors des portes de la ville. Lorsqu'il passe, lou Drapé prend des enfants égarés sur son dos, les uns après les autres, et s'éloigne vers les marais du Grau-du-Roi. La destination des enfants enlevés par lou Drapé est évoquée de différente façon en fonction des auteurs, si Bernard SERGENT parle de dangereux sables mouvants et des marécages dans lesquels les enfants seraient noyés, d'autres, comme Catherine RAGER et Édouard BRASEY, font le lien avec le célèbre film Crin-Blanc en évoquant un « mystérieux royaume lointain » ou un pays enchanté où les enfants victimes de la cruauté des hommes pourraient vivre pour toujours avec leur ami le cheval.
    • Selon la Société d'Histoire et d'Archéologie d'Aigues-Mortes, « Personne n'a jamais su jusqu'où il [lou Drapé] les emmenait [les enfants] et personne n'a, d'ailleurs, jamais voulu le savoir ». Le dernier enfant à enfourcher le cheval aurait pu libérer tous les autres en criant « Jésus, Marie, Grand Saint Joseph ! » et en sautant à terre, ce qui provoquerait la disparition de lou Drapé. Édouard BRASEY ajoute dans La Petite Encyclopédie du merveilleux que tout comme le cheval Bayard, lou Drapé semble avoir un dos et une croupe de taille ordinaire mais peut les allonger.
    • La Société de mythologie française signale une comptine populaire chez les enfants à Aigues-Mortes :
      « Qui montera lou Drapé ?
      Toi ou moi ?
      Celui que lou Drapé emportera, ce sera toi ! ».
    • « Lou Drapé, gardo t'en bèn ! ».

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LOU DAU / LE DAHU DU VENTOUX

  • Étymologie : Le dahu (parfois orthographié dahut) ou encore le dairi dans le Jura, le darou dans les Vosges, le darhut en Bourgogne, le tamarou dans l'Aubrac et l'Aveyron, est un animal sauvage imaginaire.
    Dans la partie germanophone du Valais, cet animal est connu sous le nom de Rülbi (prononcer ruèlbi).
  • Où : En Provence, il vit sur le Mont Ventoux
  • Qui / Quoi : Gentil animal avec deux pattes plus courtes que les deux autres
  • Vaincu par : * (inoffensif)
  • Origine du mythe : Invention humoristique OU La princesse Dahut de Bretagne, au nom homonyme de celui de l'animal, est parfois liée à celui-ci dans le folklore moderne, comme en témoigne dans la légende suivante : elle donna un jour les clefs des écluses de sa ville, au Diable. En pénitence, Dieu la transforma en un animal à la forme bizarre et poilue et aux pattes plus longues d'un côté que de l'autre.
  • Associé à : .
  • + En savoir plus : Chansons sur lou Dau, Wiki

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LOU GARAGAÏ / LE ROI DES GOUFFRES (ou GARAGE ou AVEN)

  • Étymologie : Garagaï vient de "garage", un lieu clos avec des courants d'air ?
  • Où : Sur la Ste Victoire, près d'Aix-en-Provence.
  • Qui / Quoi : Le Garagaï est le Roi des gouffres qui provoque des voix mystérieuses dans la grotte.
  • Vaincu par : *
  • Origine du mythe : Le fait qu'on entende des sons quand il y a du vent.
  • Associé à : Il existe un restaurant et un pastis nommés Garagaï.
  • + En savoir plus :

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LA GARAMAUDO / LA BÊTE NOIRE

  • Étymologie : Vient du provençal : "Garo à" ("Fais attention").
  • Où : Il vit dans l'eau, au fond, dans les fontaines. On la trouve surtout à Allauch, à Pélissane dans la Touloubre et à Vitrolles (13)
  • Qui / Quoi : Ce poisson féroce vit au fond des fontaines et dévore les jeunes enfants qui s'approchent trop près de l'eau... Il ressemble à la tarasque, à un dragon marin.
  • Vaincu par : .
  • Origine du mythe : ?.
  • Musique :
  • Associé à :
    • La Baragougno
    • La Racamiaulo de Nîmes (30)
  • + En savoir plus : Allauch.

La Garamaudo

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LOU LEVIATAN / LE LÉVIATHAN

  • Étymologie : Vient de l'hébreu.
  • Où : Il vit dans l'eau.
  • Qui / Quoi : Ce monstre marin issu de la mythologie phénicienne est devenu chez les Hébreux une incarnation du Mal. Il est également présent dans le folklore provençal, qui narre les amours entre le monstre marin et la Bounge, vipère gigantesque portant une escarboucle (comme la vouivre) et qui rejetait sur ses poursuivants un jet de boue brûlante qui les réduisait en cendres. Avant de se baigner dans le lac salé de Tatt, en Galatie, la Bounge déposa sur le bord son escarboucle, devenant aveugle. Léviathan en profita pour la rejoindre et s'unir avec elle, concevant ainsi un nouveau monstre marin, la Tarasque.
  • Vaincu par : .
  • Origine du mythe : Asie ou Moyen-Orient, évoqué dans la bible.
  • Associé à :
    • Père de la Tarasque. Fils de Loki ?
    • C'est aussi un des noms du Diable.
    • Apsû (équivalent du Léviathan dans la mythologie sumérienne et akkadienne).
    • Theli
  • + En savoir plus : Wiki.

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LOU LIOUN D'ARLE / LE LION D'ARLES

  • Étymologie : Du latin "Leo".
  • Où : Arles dans les Bouches-du-Rhône (13).
  • Qui / Quoi : Lion en or, animal terrifiant qui dévore les âmes de ceux qui ont péché.
  • Vaincu par : saint Marc ?
  • Origine du mythe : La ville d'Arles adopta en 1131 la forme républicaine et confia le pouvoir à des Consuls et un Podestat et fit alliance avec Venise. Le lion d'Arles (qui est en héraldique un léopard car il a la tête de face) serait donc une évolution du fameux Lion de saint Marc, emblème de la Sérénissime.
  • Associé à :
    • Le lion de l'Arcoule au pied des Baux-de-Provence (13)
    • Le Griffon
    • Le lion de Némée
    • Le lion de saint Jérôme (qui n'a pas d'ailes)
    • Le Sphinx
  • + En savoir plus :
    • Le plus ancien sceau de la ville (1180) présente un lion contourné (tourné vers la droite) avec la devise : "Nobilis in primis dici solet ira leonis", ce qui veut dire "la colère du noble lion a coutume d’être considérée au premier rang". Jusqu'en 1700, le lion d'Arles sera présenté d'or sur fonds d'argent ce qui est une enquerre (erreur) aux règles du blason car on ne peut pas avoir métal sur métal. L'Armorial Général corrige cette erreur et donne : "D'azur au lion d'or regardant de face et tenant la patte dextre levée". C'est le gouvernement impérial qui en 1809 ajoute une enseigne romaine avec le chrisme et l'inscription CIV. AR. Enfin depuis 1836, la version officielle : "D'azur, au lion léopardé d'or assis, la queue entre les jambes, la patte dextre élevée tenant une enseigne aussi d'or, chargée d'une inscription de sable CIV.AREL et surmontée d'un chrisme d'or."
    • Lien ville d'Arles.
  • Musique :
    • Chanson "Lou lioun d'Arle" de Frédéric MISTRAL (disque "Trésors d'Occitanie", 2007).
  • Autres arts :
    • Fontaine de l'hôtel de ville, pont aux lions, ...

  • Texte / Conte :
    • Poème "Lou lioun d'Arle" (1877) de Frédéric MISTRAL (1830-1914) :
      1) Desempièi que Diéu me gardo
      Sus la terro di vivènt
      I'a un lioun que me regardo
      Emé li dos narro au vènt.
      Lou cassaire que champèiro
      Noun clapeiro
      Lou gimerre roucassié
      Car es un lioun de pèiro
      Agrouva sus Mount-Gaussié.

      2) Au soulèu lou grand bestiàri
      I'a de jour que semblo d'or
      Pensatiéu et soulitàri
      I'a de jour, semblo que dor.
      Mai quand l'auro a la maliço
      S'esfoulisso
      L'escamandre majourau
      Rebufello sa pelisso
      E rugis au vènt-terrau.
      3) Uno fes, iéu me diguère :
      Escalen vers lou lioun !
      Mai davans quand ié fuguère
      Me prenguè lou vertouioun,
      En vesènt soun esquinasso
      Rouginasso
      Ounte cade emai mourven
      Ié fournisson la tignasso
      Que floutejo au caraven.

      4) « O vièi moustre ié venguère
      Esfins ore e couloussau,
      Dins toun saupre vene querre
      Lou destin di Prouvençau :
      Parlo, tu que sèntes courre
      Sus toun mourre
      L'escabot di nivoulas
      Tu qu'a vist mounta li tourre
      E toumba li castellas ».
      5) Lou lioun, bougnas e brave
      Me faguè : « Bèn-vengu, sié
      Lou felibre qu'esperave
      Agrouva sus Mount-Gaussié
      E d'abord que vos que parle
      Escambarle
      Cinq cènts an, tout dins qu'un saut
      E çai sian : lou lioun d'Arle
      Me disien li Prouvençau.

      6) Asseta subre la glòri
      De Cesar, de Coustantin
      Pèr noublesso o pèr belòri
      Ai regna sus li latin.
      Li marin fièr de ma caro
      Que mascaro
      D'Arle li vièi pavaioun,
      Mai saludon vuei encaro
      Dins lou Goufre dóu Lioun.
      7) Quand ma tufo mourrejavo
      Sus lis erso de la mar
      Qu'emé iéu cousinejavo
      Lou lioun dóu grand Sant-Marc
      Iéu ai vist dins Sant-Trefume
      Plen de lume
      Li rèi d'Arle courouna
      Li veissèu curbi moun flume
      E tout Arle tresana.

      8) Iéu ai vist la republico
      S'enchusclan de liberta
      Dintre la clamour publico
      Elegi si poudesta :
      Iéu, ai vist esglàri, pèsto
      E tempèsto
      Ai vist Roumo en Avignoun
      E de toute noblo fèsto
      Siéu esta lou coumpagnoun.
      9) Mai tout passo e tout alasso
      Estrambord devèn enuei ;
      À la niue lou jour fai plaço
      Tau risié que ploure vuei.
      E de tout-sadou que n'ere,
      M'enanère
      En badant coume un lesert ;
      Vièi e triste, o, m'entournère
      Uno niue dins lou desert.

      10) E perdu dins li clapiho,
      N'aguènt plus arpo ni cro,
      À la cimo dis Aupiho
      M'empeirère sus lou ro…
      Aro, escouto : la Prouvènço
      Pèr desfenso
      Coume iéu, n'a plus d'oungloun
      E pamens de longo pènso
      À sauta sus l'escaloun.
      11) Pèr l'engano e lou negòci
      Que s'enausso quau voudra
      Pèr lis armo e lou trigòssi
      Fague flori quau poudra ;
      Tu, Prouvènço trobo e canto !
      E marcanto
      Pèr la lire e lou cisèu
      Largo-ié tout ço qu'encanto
      E que mounto dins lou cèu ! »

      12 ) E lou grand lioun de roco,
      Ounte creisson li garrus
      Ounte lou mourven s'acroco
      Acò di, noun quinquè plus.
      Au soulèu que pouchejavo
      S'arrajavo
      Tout lou cèu eilamoundaut ;
      E ravi moun cor sounjavo
      À Mirèio, à Calendau.

      TRADUCTION :
      1) Depuis que Dieu me garde sur la terre des vivants, il est un lion qui me regarde, les deux narines au vent. Le chasseur qui est en quête n’assaille pas l’hippogriffe des rochers, car c’est un lion de pierre accroupi sur le mont Gaussier.
      2) Au soleil, la grande bête semble d’or, à certains jours ; pensive et solitaire, à certains jours, elle semble dormir. Mais quand s’irrite la bise, se courrouce le monstrueux animal : il hérisse sa fourrure et rugit au mistral.
      3) Une fois, je me dis : « Grimpons vers le lion ! » et, quand je fus devant lui, il me prit le vertige, en voyant son dos énorme, rouge et fauve, où oxycèdres et genièvres lui fournissent la crinière qui flotte au précipice.
      4) « Ô vieux monstre, lui dis-je, sphinx horrible et colossal, dans ton savoir je viens chercher le destin des Provençaux : Parle, toi qui sens courir sur ton mufle le troupeau noir des nuages, toi qui vis monter les tours et tomber les châteaux-forts. »
      5) «Le lion, bonasse et brave, me répondit : « Bienvenu soit le félibre que j’attendais, accroupi sur le mont Gaussier... Et puisque tu veux que je parle, je franchis cinq cents ans, tout d’un bond, et nous voici : Le lion d’Arles, m’appelaient les Provençaux.
      6) « Assis sur la gloire de César, de Constantin, par noblesse et par beauté, j’ai régné sur les Latins : les marins, fiers de ma face qui chamarre l’antique pavillon d’Arles, me saluent aujourd’hui encore dans le Golfe du Lion !
      7) « Quand ma tête se dressait sur les vagues de la mer, quand me traitait de cousin le lion du grand saint Marc, moi, j’ai vu dans Saint-Trophime resplendissant de lumière les rois d’Arles couronnés, les vaisseaux couvrir mon fleuve et tout Arles exulter.
      8) « Moi, j’ai vu la république, s’enivrant de liberté, dans la clameur populaire élire ses podestats ; moi, j’ai vu terreurs et pestes et tempêtes ; j’ai vu Rome dans Avignon ; et de toute noble fête j’ai été le compagnon.
      9) « Mais tout passe et tout fatigue ; enthousiasme devient ennui ; à la nuit le jour fait place ; tel riait qui pleure aujourd’hui... Et de tout rassasié, je m’en allai, gueule bée comme un lézard, vieux et triste, oui, je revins une nuit dans le désert.
      10) « Et perdu dans la pierraille, n’ayant plus griffes ni crocs, à la cime des Alpilles je vins me pétrifier... Maintenant, écoute : La Provence, pour défense, n’a plus d’ongles, comme moi... et sans cesse, pourtant, elle pense à sauter sur l’échelon.
      11) « Par la ruse ou le négoce que s’élève qui voudra ; par les armes et le tumulte que triomphe qui pourra : toi, Provence, trouve et chante ! et marquante par la lyre ou le ciseau, répands-leur tout ce qui charme et qui monte dans le ciel ! »
      12) Et le grand lion de roche sur lequel croit la broussaille, où s’accroche le genièvre, cela dit, rentra dans le silence. Au soleil qui venait de poindre s’irradiaient toutes les hauteurs du ciel ; et, ravi, mon cœur songeait à Mireille, à Calendal.

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LOU LIOUN DÓU MOUNT GAUSSIÉ / LE LION DU MONT GAUSSIER

  • Origine du mythe : Les Prophéties du 5e évangile selon Frédéric MISTRAL, un lion de pierre assis sur le rocher du sommet... Il s'agit du lion d'Arles.
  • VOIR ci-dessus "Le lion d'Arles"

 

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LOU LOUGAROU / LE LOUP-GAROU

  • Lou lougarou / Le loup-garou :
    • Étymologie : Appelé aussi Lycanthrope
    • Où : Montagne de Lure (04).
    • Qui / Quoi : Homme qui se transforme en loup la nuit et dévore tous les êtres vivants sur son passage. Il peut tuer les vampires.
      La plupart des loups-garous sont des êtres solitaires qui vivent dans la forêt : bucherons, charbonniers, chasseurs, miséreux terrés dans leur cabane, ou des sorciers ayant obtenu du diable la faculté de revêtir une peau de loup pour mieux commettre leurs crimes. Pendant la journée, il est un être humain, à peine peut-on se douter de son autre aspect. On pense que la pleine lune pousse les loups-garous à partir en quête d'une proie. Quand ils en ont repéré une, ils hurlent longuement à la mort.
      Entre 1520 et 1650, on dénombra en Europe environ 30.000 personnes convaincues d'être des loups-garous.
      Certains prévenus étaient renvoyés chez eux, parce qu'ils étaient manifestement dérangés, mais beaucoup furent condamnés à mort pour pacte avec le diable, homicide et cannibalisme.
      La croyance aux loups-garous et lycanthropes remonte à la Grèce antique, et a pris naissance plus précisément dans la région montagneuse d'Arcadie, peuplés de loups. Les sacrifices humains y avaient cours ; la chair humaine était partagée rituellement entre les différents participants qui se transformaient en loups durant une période de 8 années, au terme de laquelle ils redevenaient des hommes, à condition qu'ils se soient abstenus de consommer de la chair humaine durant toute la durée de leur métamorphose.
      La croyance aux loups-garous ne fit que s'accroître au Moyen-Âge. On disait que les "hommes-loups" étaient condamnés à vivre sous cette forme animale durant 7 ans, en expiation de leurs crimes ou à cause d'un sortilège sur eux lancés. Ils devaient chaque nuit parcourir 7 paroisses et faire le tour de 7 clochers durant 7 ans, avant de trouver une place en enfer. Il devait tuer et dévorer la première personne qu'il rencontrait. Il avait aussi le pouvoir de dévorer les astres, causant ainsi des éclipses de lune ou de soleil.
      Des sourcils qui se rejoignent, des mains poilues, des pouces gros et courts, et des doigts plats et palmés.
      On affirme aussi que, lorsqu'il arbore son apparence humaine, il porte sa fourrure entre cuir et chair, et qu'il lui suffit de la retourner pour devenir loup.
      Sous la forme animale, les loups-garous s'unissent fréquemment avec des louves.
      Même s'ils ne conservent généralement aucun souvenir de leurs métamorphoses lorsqu'ils redeviennent humains, ces individus manifestent durant la journée une fatigue anormale ainsi qu'un manque d'appétit : en effet, sous leur forme de loups, ils ont passé la nuit à courir et à étrangler des bêtes pour s'en repaître.
      Pour se transformer en loup-garou, il suffit de revêtir une peau de loup une nuit de pleine lune, de s'abreuver aux sources ou viennent boire les loups, de laper l'eau retenue dans les empreintes au sol d'un animal sauvage ou de dévorer la cervelle d'un fauve. Deviennent également loups-garous les enfants de prêtres et de nonnes, condamnés à se métamorphoser tous les 7 ans.
    • Vaincu par : * Comment lui rendre son apparence humaine : On peut le forcer à quitter sa forme d'emprunt en lui donnant un coup de fourche entre les 2 yeux ou, plus communément, en se saisissant de sa peau de loup et en la brûlant. On peut aussi le frapper avec une clé ou faire couler son sang.
      Toute blessure au lycanthrope sous sa forme animale demeure lorsqu'il a recouvré son apparence humaine.
      Pour le tuer, il faut tirer dessus avec une balle en argent, de préférence bénite, car la dureté de leur peau les mets à l'abri des balles ordinaires.
    • Origine du mythe : .
    • Associé à :
      • La Galipote est une variante du loup-garou qui se signale par le bruit de galop qu'elle fait en courant. Elle a pour mauvaise habitude de se percher sur les branches des arbres et de guetter les passants attardés. Elle leur saute sur le dos et les étrangle, à moins qu'elle ne s'agrippe à eux pour qu'ils lui servent de monture. Elle se fait alors de plus en plus lourde, jusqu'à ce que sa victime périsse étouffée sous son poids.
      • Le Lupeux, quoi qu'on en pense, n'est pas un loup-garou. Il a tout du loup-garou, sauf qu'il a une voix humaine, il est bavard. Intarissable. Tout en devisant, il entraîne le passant qui lui répond vers un marécage ou un étang ou le malheureux se noie.
      • Les chiens du diable :
        • Black-Dog : Moins sauvage que le loup, mais presque aussi redoutable, le Black dog, ainsi nommé car il est essentiellement d'origine anglo-saxonne, sème la terreur auprès de ceux qui le rencontrent en pleine nuit par ses hurlements à la mort, ses yeux luisants et ses crocs acérés. Les descriptions sont assez vagues, car les malheureux qui ont croisé son chemin ont senti leurs forces vitales les abandonner, tandis qu'une impression de désespoir et de mort les envahissait.
        • Dans l'île de Man, un chien noir nommé Moddey Doo est attaché au château de Peel. Dans le Morvan, il s'agit de l'âme damnée d'un garde-chasse condamnée à errer sous cette forme terrible. En Normandie, on affirme que tous les chiens noirs, à l' exception des chiens de bergers, appartiennent au diable.
          Les membres du clan MacLartin ont également de bonnes raisons de redouter l'apparition du chien noir, car il annonce toujours leur mort prochaine sur un tas de fumier. Le dernier membre de ce clan à avoir aperçu ce chien noir fut lord Jamie MacLartin en 1715. Quelques jours plus tard, les dragons anglais pendirent haut et court lord Jamie à Arbroath et jetèrent son corps sur un tas de fumier.
      • Les Birettes de la Loire sont des femmes qui, à la suite d'un pacte avec le diable, ont obtenue de lui une peau de loup ou de sanglier. Recouvertes de cette peau d'animal, les possédées "courent la birette" dans la nuit, attaquent le bétail en effrayant les humains qui se signent sur leur passage. Comme les loups-garous, dont elles forment une variante, elles conservent à l'état humaine les blessures ou mutilations qui leur ont été faites sous leur forme bestiale. La métamorphose en Birette est un héritage démoniaque qui se transmet de génération en génération à l'aînée de la famille, qu'elle le veuille ou non. La Birette est cousine avec la Galipote qui partage avec elle la plupart de ses attributs.
      • La Garache est un loup-garou femelle que l'on trouve en Vendée et dans le Poitou. Sa métamorphose, ayant lieu exclusivement la nuit, est toujours associée à une pénitence, conséquence de quelque crime commis par la Garache lorsqu'elle était sous sa forme humaine. On distingue les "garaches à sauter", qui sautent au-dessus des haies, des "garaches à percer", qui traversent les buissons épineux. Lorsqu'elles sont blessées sous leur forme animale, les Garaches redeviennent instantanément femmes, et meurent. Parfois les Garaches apparaissent non pas sous la forme de louves, mais de sorcières courant le sabbat ou se mêlant aux démons de la chasse infernale, ou encore de Dames Blanches évanescentes que l'on voit envelopper les maisons dans leur brumes voilées de leurs manteaux de nuages.
      • Nahuals : Au Mexique, les nahuals sont des coyotes-garous, voisins des Cat people. Leur nom vient de l'aztèque "nahuatl" ou "nuahualli", qui désigne le chef de guerre. En fait, les Nahuals sont des sorciers possédés par les esprits des montagnes qui leur confèrent le pouvoir de changer en animaux, notamment en coyotes de couleurs sombre.
      • Bisclaveret : Personnage d'un lai, loup-garou breton.
        Bisclaveret était un bon seigneur ami du Roi. Tout allait bien dans son royaume mais sa femme craignait qu'il ne soit infidèle car il s'absentait de temps en temps un jour ou deux. Un jour elle l'interroge. Il finit par céder et lui révèle qu'il enlève ses vêtements, les cache et devient loup-garou. Sous l'insistance de son épouse, il lui révèle la cachette de ses vêtements. Dès qu'il fut parti, elle nomma un jeune chevalier dont elle a toujours repoussé les faveurs et lui révèle tout. Elle promet de l'épouser s'il vole les vêtements de son mari. Le méfait accomplit Bisclaveret ne peut plus reprendre forme humaine.
        Un jour le Roi va chasser avec ses gens sur les terre de Bisclaveret et voit le loup-garou, il lui donne la chasse et quand le loup-garou est acculé et sur le point d'être mis à mort il aperçoit le roi et s'incline devant lui. Alors n'importe qui dit que c'est l'une bête intelligente et qu'il serait cruel de la tuer. Le Roi prend alors le loup-garou sous sa protection. Le Roi organise une réunion avec ses seigneurs. Quand le jeune chevalier arrive, Bisclaveret tente de l'attaquer, on le calme mais il continue de se montrer ouvertement hostile. On dit que assurément le jeune chevalier a dû lui causer quelques torts mais l'affaire s'arrête là. Le Roi repart chasser sur les terres de Bisclaveret. Apprenant que le Roi se trouve dans une petite chaumière l'épouse de Bisclaveret tente de gagné ses faveurs. En la voyant Bisclaveret l'attaque et lui arrache le nez. Quelqu'un remarque tandis qu'il n'a montré d'hostilité que pour elle et son mari. On les torture et ils avouent tout. On les somme de rendre les vêtements, ce qu'ils font, et ils sont exilés.
        Bisclaveret redevient humain.
    • + En savoir plus :

 

 

 

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LA MANDRAGOULO / LA MANDRAGORE

  • Étymologie :
    • Le terme français de « mandragore » vient du latin mandragoras tiré lui-même du grec μανδραγόρας (mandragoras). L'étymologie du mot grec est obscure. Pour certains, le grec « mandragoras » viendrait du nom de la mandragore en assyrien nam. tar. ira, morphologiquement « la drogue (mâle) de Namta », Namta étant un démon pestilentiel provoquant des maladies. Pour d'autres, l'origine viendrait du sanscrit mandros signifiant « sommeil » et agora signifiant « substance ».
    • Le terme englobe aussi le mot dragon venant du provençal "drac". Il semblerait que le nom du dragon provienne de l'indo-européen par le grec "drakôn" et le latin "draco". Le mot grec provient du verbe "derkomai" qui signifie "regarder, fixer" alors que son sens premier était "brillant". Le dragon des anciens grecs était un reptile monstrueux, souvent gardien d'entrées interdites au même titre qu'un Cerbère ; témoin celui que tua Héraclès (Hercule) et qui, selon la définition du premier dictionnaire de l'Académie française, "gardoit le jardin des Hespérides" où le héros célèbre cueillit les pommes sacrées de la déesse Héra. En vérité, le qualificatif de "dragon" pour un être humain (en principe une mégère) provient directement de l'imagerie médiévale, associant de ce fait l'homme et la bête monstrueuse, symbole des passions coupables. C'est aussi un des noms du Diable...
  • Où : Charentes et le Limousin. Et en Provence, dans le Vaucluse, dans le château de Joucas, vécut un monstre appelé la Mandragoule. Ce nom rassemble quatre noms de créatures fantastiques : La Salamandre-goule, la Dragoule, la Mandrake et la Mandragore.
  • Qui / Quoi : La Mandragoule provençale est à mi-chemin entre la Mandragore et la Salamandre. La Mandragore est un dragon ailé à face humaine, pourvue de dents et de griffes pointues, au corps long de cinquante pieds, connu dans les Charentes et le Limousin. Exigeant comme tribut mensuel une jeune fille à dévorer, la Mandragore se mit à dévaster la région lorsque les villageois refusèrent de continuer à lui sacrifier leurs enfants. Mais les dégâts commis par le monstre furent si graves qu'on se résolut à lui offrir une nouvelle proie, la belle Alix, tirée au sort parmi les jeunes vierges encore vivantes. Pouvoir : la Mandragoule peut endormir un humain en le fixant du regard et puis le rendre fou.
    NB : Aux Baux-de-Provence, on peut se rendre 40 m après le “Gouffre Infernal” où se trouve “ La chambre de la Mandragore” qui se poursuit par La “Gorge du Scarabée” et le “Couloir des Esprits Fantastiques”.
  • Vaincu par : Le vaillant Guyot de Saint-Quentin, monté sur une mule, s'en alla alors défier le dragon et le blessa à mort. Puis il délivra Alix et enterra la Mandragore sous un tertre gardé par une porte en fer que personne n'avait le droit d'ouvrir, et sur lequel poussait la terrible "herbe qui rend fou".
  • Origine du mythe : Forme de la plante ?
  • Associé à : C'est aussi une plante possédant des vertus magiques.
  • + En savoir plus :
    • Wiki "La plante des pendus" : La mandragore a longtemps été entourée de mystère et de fascination en raison de l’apparence plus ou moins anthropomorphe de sa racine, et nombreuses sont les légendes qui courent à son sujet, particulièrement au Moyen-Âge. Ainsi, elle ne pousserait qu’au pied des gibets ou sur les places de tortures, prenant vigueur ou naissance du sperme des suppliciés, raison pour laquelle elle est censée favoriser la fécondité. Elle est également réputée aphrodisiaque, en grande partie à cause de la forme évocatrice de la racine de la mandragore mâle. Mais la racine de mandragore est aussi censée apporter invulnérabilité, prospérité et richesse à celui qui la possède. Elle est fidèle à son propriétaire et lui ouvre les portes des trésors cachés. Par ailleurs, elle est l’herbe des sorcières : hallucinatoire à certaines doses, elle fait partie des drogues ingérées par celles-ci pour pouvoir s’envoler sur leurs balais vers le lieu du sabbat.
      La mandragore est donc très convoitée, mais il s’agit d’une plante dangereuse : arrachée du sol, elle est réputée pousser un cri déchirant qui tue quiconque, homme ou animal, l’entend. Sa récolte doit être extrêmement précautionneuse et ritualisée. Elle s’effectue dans la nuit du vendredi, après un orage. Le cueilleur doit prendre soin de se boucher les oreilles avec de la cire, et de tracer trois cercles magiques concentriques autour de la plante. Il attache ensuite à sa base un chien noir affamé, qu’il attire au loin en jouant du cor. Le chien, en courant, déterre la mandragore, et tombe mort quand elle crie. La racine, désormais inoffensive, doit toutefois être préparée soigneusement, en particulier lavée et enroulée dans un linceul, pour acquérir ses propriétés magiques. Éviter de la manger ou de la piétiner, son cri est à vous glacer le sang !


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LOU MATAGOT O LOU CAFÈR O LOU CAT NÈGRE / LE CHAT D'ARGENT (OU LE CHAT NOIR)

  • Lou cat nègre / Le chat d'argent :
    • Étymologie :
      • Mandragot vient de "dragon"
      • Matagot
      • Cafèr vient du mélange de "chat" et "enfer"
    • Où : À l'entrée de la grotte de la Cabro d'or, ...
    • Qui / Quoi : Le Chat d'argent, Mandragot ou Matagot est, dans le folklore français de Bretagne, de Gascogne et de Provence, un chat généralement noir et diabolique obtenu par un sorcier en échange de son âme. Il est censé se promener dans quelques lieux mystérieux pendant la nuit et revenir à l'aube avec un stock de Louis d'or pour son maître. Si celui-ci le néglige ou ne le récompense pas, le chat s'offense et peut se venger cruellement le vendredi soir. Au nombre de 7, ils montent la garde à l'entrée de la grotte de la Cabro d'or, le plus gros a sept vies.
    • Vaincu par : *
    • Origine du mythe :
      Durant la période de la chasse aux sorcières qui s'étendait du Moyen-Âge jusqu'au XVIIIème siècle, l'Église incite les fidèles à se débarrasser de leurs chats et à pourchasser les chats noirs, incarnations du démon et favoris de ses servantes : les sorcières. De nombreux chats furent jugés par le tribunal de l'Inquisition et brûlés sur les bûchers. Les Inquisiteurs pensaient que sorcières et sorciers se métamorphosaient volontiers en chats noirs.
      Si vous étrennez une nouvelle maison, faites donc entrer un chat avant d'y mettre vous-même les pieds : la nouvelle construction durera longtemps, toujours solide au fil des ans, et même des siècles, comme le prouvent des squelettes de chats trouvés dans les fondations de châteaux forts.
      Le chat noir diabolique au service d'un sorcier a pour nom Chat d'argent, Mandagot ou Matagot. Il s'en va durant la nuit en quelque endroit mystérieux et revient au matin avec des Louis d'or destinés à son maître.
      Mais il faut ensuite lui prodiguer caresses et récompenses, sinon il se venge cruellement. On disait aussi que le Mandragot servait 9 maîtres, mais conduisait le dernier en enfer.
    • Associé à : Superstition : Vendredi 13, échelle.
    • + En savoir plus :
      • En Scandinavie, la Volva portait toujours sac, gants et bonnet en fourrure de chat blanc lié aux dons de clairvoyance et de divination car il voit dans la nuit.
      • NB : Dans certaines légendes, lou Matagot peut aussi être représenté sous forme de boeuf.

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LOU MISTOUFLON / LE MISTOUFLON

  • Étymologie : ?
  • Où : Vit dans le Luberon, à Lourmarin (84).
  • Qui / Quoi : Les chasseurs de Lourmarin ont capturé et conduit jusqu’à leur village un Mistouflon : un animal (sorte d'âne avec deux cornes de bêlier et une queue de cochon) à six pattes, au poil bleu ciel et qui parle ! En l'accueillant chez eux, les Lourmarinois se sont trouvé confrontés à une série de situations imprévisibles qui ont bousculé la vie tranquille du village. Il boit de l'alcool et mange des mégots de cigarette.
  • Vaincu par : *
  • Origine du mythe : .
  • Associé à : Cousin du Dahu ?
  • + En savoir plus :
    • Livre pour enfants (CE1-CE2) : "L'année du Mistouflon" d'Anne-Marie CHAPOUTON (Ed. Flammarion, 1975-1999-2002)

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LA MOURGUE / LA MOURGUE

  • Étymologie : Le terme viendrait du romain morga, devenu mourgue en provençal et moniale en français.
  • Où : À Saint-Étienne-du-Grès (13).
  • Qui / Quoi : Personnage de fiction littéraire, incarné d'une statue...
  • Vaincu par : *
  • Origine du mythe : La Mourgue reste à ce jour une énigme. Pierre de 1,65 m de hauteur, très érodée, difficilement datable, elle pose les limites de l’Histoire. Deux théories se dégagent : La première expliquant que la Mourgue représente probablement une divinité païenne de la fécondité, un Priape (dieu romain de la fertilité, protecteur des jardins et des troupeaux, souvent identifiable à son énorme verge en érection), ressemblant davantage à un menhir anthropomorphe qu’à une œuvre gallo-romaine ; la seconde hypothèse considère le rocher comme un « simulacra » divin que les Gaulois adoraient au temps de César. Sur elle, s’est greffée la légende de la Nerte qui a donné naissance au poème de Frédéric MISTRAL.
  • Associé à : C ?
  • + En savoir plus :

  • Texte / Conte :
    • Épilogue du poème "Nerto" (1884) de Frédéric MISTRAL (1830-1914) :
      "Le solitaire à barbe blanche se désole, s’interroge sur son péché, se mortifie afin d’expier sa faute : voilà trois jours que l’archange ne se présente plus sur la montagne. Le quatrième jour, tandis qu’il y est en prière, l’ange Gabriel descend et lui annonce que Nerte est délivrée par l’héroïsme du courageux capitaine qui a vaincu Lucifer en le repoussant avec la croix tout en renouvelant les formules de son baptême. Il s’est repenti et s’est racheté. L’ermite, quant à lui, le remord, suite à l’absence de l’ange, lui a donné une leçon d’humilité. L’auteur confie au lecteur que dans la contrée de Laurade, une nonnette de pierre (la mourgue) se dresse encore dans la campagne, et que la nature s’est approprié la petite l’église romane de Saint-Gabriel..."
      "Si quelque jour, bénévole lecteur,
      Tu voyageais par la contrée
      De Laurade ou de Saint-Gabriel,
      Tu peux, au cas où tu le croirais nécessaire,
      T’assurer de ce récit.
      Dans la campagne, au milieu des moissons,
      Tu verras la Mourgue de pierre,
      Portant au front la marque
      De l’Infernal et de ses foudres :
      Muette, plantée comme un terme,
      Elle écoute la germination.
      Et les petits limons blancs,
      Voulant chercher un peu de frais,
      Se collent dans son vêtement
      Embaumé par la menthe ;
      Et autour d’elle l’ombre tourne,
      Et les saisons suivent leur cours,
      Et tout change et tout se remue :
      La Mourgue reste, noire et muette.
      Mais, à certaines dates, dit-on,
      Soit que le soleil ardent
      Monte à son apogée, elle chante :
      L’oreille appliquée à la pierre,
      Si tu peux percevoir le chant,
      Vers midi, paraît-il, elle dit."

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LOU PAPOGAI / LE PAPEGAY

  • Étymologie : Le mot "Papogay" vien de "papagai" qui signifie perroquet en langue d'oc.
  • Où : à Rieux Volestre (31).
  • Qui / Quoi : "Le diable hantait la contrée. Il se changeait en ce qu'il voulait dans le but de séduire une jolie princesse, fille du maître de la cité. Le seigneur, craignant de voir son enfant ensorcelée, ordonna que l'on fasse la chasse au démon, promettant à qui le tuerait son trésor et la jeune personne.


    C'était un premier dimanche de mai : Satan s'était changé en "Papegay". Les gens de la ville, armés d'outils et d'arcs le cherchaient dans toute la campagne.
    Avec la grâce de Saint-Sébastien, patron des archers, un jeune "pastourèlh" (berger) nommé Tantiro, épris de la "maïnado" (la fille du seigneur) transperça l'oiseau maléfique d'une flèche, gagnant ainsi le titre de "Roy" de Rieux et le coeur de la "tendre et blanche personne". C'est donc un immense perroquet !
  • Vaincu par :.
  • Origine du mythe : Fin Moyen-Âge.
  • Associé à :
    • Perroquet.
    • Chansons et musiques : farandole, ...
  • + En savoir plus : Confrérie des archers de Papogay.

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LOU FACO... / LE PHACOMOCHÈRE

  • Étymologie : Le nom de "Phacomochère" est apparu au début du XIXe siècle sous la plume d’Auguste DUMERIL, proche collaborateur du naturaliste CUVIER. Ayant eu vent de l’existence de l’animal, il le plaça inconsidérément, sans vérification et sans l’aval de son patron, dans la classification des animaux, sur une branche obscure des suidae, entre le phacochère et le potamochère, d’où son nom de Phacomochère. L’erreur ne fut jamais corrigée…
  • Où : Vit dans le Var, à Espigoule (83).
  • Qui / Quoi : La Provence Rhodanienne avait le Drac, la Tarasque et la bête du Vaccarès ; le Var peut s’enorgueillir lui aussi de posséder de nombreux animaux mythiques et terrifiants, comme le Serpent de La Garde, la Bête de Pignans, le Sanglier de Varages ou le fameux Phacomochère d’Espigoule. Ce dernier fut observé tout au long de l’histoire, surtout dans le nord du département, les soirs de pleine lune. Son allure effrayante proviendrait, selon la croyance populaire, d’un croisement contre nature entre un sanglier et un loup, alliant la force de l’un à la férocité de l’autre. Bête imposante de plus d’un mètre au garrot et pesant dans les 300 kg, véritable fossile vivant, il serait, selon des études récentes, le descendant plus ou moins direct du terrible Entélodon préhistorique.
  • Vaincu par : *
  • Origine du mythe : Antiquité.
  • Associé à : Cousin du Dahu ?
  • + En savoir plus :
    • Selon la Prophétie d’Espigoule, une légende locale, la réapparition du Phacomochère serait annonciatrice de catastrophes imminentes ou bien de grands et profonds bouleversements, porteurs de renouveau. C’est ainsi qu’il fut signalé en hiver 1719. Un retour qui précéda la Grande Peste de Marseille de 1720 et son cortège de malheurs. En 1944, il fut aperçu par des résistants dans le maquis quelques semaines avant le débarquement.
      Le phacomochère a défrayé la chronique et ravivé les superstitions les plus archaïques quand il est réapparu à l’aube de l’an 2000, dans les environs d’Espigoule. Les massacres périodiques de troupeaux qu’on lui attribue ces dernières années ont attisé les conflits entre bergers, chasseurs et écologistes, et relancé le débat sur sa présence dans les bois. Certains témoins affirment même l’avoir vu rôder autour du village. Annonce-t-il une catastrophe qui engloutira le monde dans le chaos ou un évènement porteur de renouveau ? L’avenir nous le dira…
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  • Textes : Son aspect monstrueux, sa rareté et même les doutes sur son existence, ont de tout temps inspiré les artistes et passionné les chercheurs. Signalé dès l’Antiquité, il apparaît dans la mythologie sous les patronymes de Sanglier de Calydon ou bien Sanglier d’Erymanthe vaincu par Héraclès.
    • Les archives sont rares, mais on peut retrouver, plus près de nous, dans une chronique médiévale, qu’en l’an 1313, un sanglier énorme et féroce semait la terreur aux abords du village de Varages. Un soir de janvier de cette année-là, alors qu’il neigeait abondamment, Alcide PELLISSIER, chasseur émérite, surprit la bête et parvint à lui arracher ses deux énormes défenses avant de le ramener au village. Cet évènement est encore commémoré de nos jours durant une fête où un sanglier de bois défile au son des fifres et des tambours, entouré d’une cohorte de sauvages et de chasseurs. Varages étant très proche d’Espigoule, il est probable que cette bête ait été un phacomochère.
    • On retrouve également sa trace chez la plupart des auteurs provençaux. Frédéric MISTRAL, dans Calendal, son poème épique, en fait le gardien féroce des bois de la Fée Estérelle.
    • Dans ses mémoires, Marcel PAGNOL signale que le Phacomochère, dans sa jeunesse, lui était présenté comme un croque-mitaine qui mordait les fesses des enfants désobéissants.
    • Homère mentionne simplement « un sanglier sauvage, un solitaire aux dents blanches », tandis qu’Ovide décrit « un sanglier si énorme que l’Épire herbeuse n’a pas de taureaux plus grands (…) », et parle de « soies aussi raides que des javelines [qui] hérissent son cou ; tandis qu’il pousse de rauques grognements, une écume brûlante coule de ses larges épaules ; ses dents égalent celles de l’animal indien ; la foudre sort de sa gueule ; son souffle embrase le feuillage. »

[Remounta / Remonter]

LA ROUMECO / LA ROMECA / LA ROUMÈQUE

  • Étymologie : Ce mot viendrait de Ronce ou du rhume "Raumas" ? On utilise aussi ce terme pour parler de quelqu'un qui rumine dans sa barbe.
    Et aussi : Baragougno, Faramauco, Paparougno, Grafagnaudo... etc
  • Où : De la région des Cévennes, de Nîmes, d'Anduze, et de Salindres (30). On la fait venir par la formule "Patapim, patapam" dite en chanson.
  • Qui / Quoi : Bête noire pour faire peur aux enfants méchants, elle cherche s'il y a des enfants haïssables à attraper... Elle provoque la peur noire (noir car elle noircit la vie). Image populaire, la Roumèque est connue dans toute la Vallée des Cévennes et au delà. En Vallée Longue, c'est d'abord le garde-fou des enfants. Grande femme édentée, chauve-souris, loup énorme, dragon, ogre ou fantôme, elle prend figure que l'imagination de chacun veut bien lui donner. Elle se tient dans les lieux dangereux, près des bassins ou des trous de la rivière... (C'est-à-dire aux endroits où l'on ne veut pas que les enfants aillent !).
    Mais finalement personne n'y croit plus trop dès le début du XXè siècle. Les grandes personnes en rient ouvertement. Plus tard, on traitera de Roumèque des femmes connues pour leur mauvais caractère et leur façon ennuyeuse de mettre leur nez partout.
    La Roumèque c'était donc la grande peur des enfants... Elle se tenait là où il leur était interdit d'aller, le plus souvent près d'une rivière, d'un trou ou d'un puits.
  • Vaincu par : Une jeune fille surnommée "Sans peur".
  • Origine du mythe : Frédéric MISTRAL pensait qu'elle était sans doute une autre "Chauchavielha", une étouffeuse de vielles femmes, une "rauméca" porteuse d'une sorte de maladie : le "raumas" des vieilles grand-mères. Mais pourquoi ne serait-ce pas aussi ce "romec" (roumec) autre nom de la ronce, cette créature qui attrape les gens et qui, lorsqu'elle est au fond des puits, s'appelle en Provence la "Tiranega" ? Monstre sans tête aux pattes crochues, hérissées et poilues…
  • Associé à :
    • La Baragougno / La Baragònha de Nîmes
    • La Racamiaulo / La Racamiaula de Nîmes
    • Lou Carafòli / Lo Carafòli de Nîmes
    • La Tiranega
    • Souvent confondue avec la bête du Gévaudan
  • Musique :
  • + En savoir plus : Conte, Recherche.

 

  • Texte / Conte :
    • N°1)
      La fête d’Anduze était finie depuis longtemps. Les carcasses des anciens magnifiques chars étaient reléguées dans un hangar. Il serait temps de voir si l'on pourrait récupérer quelque chose pour l’année d’après et faire encore plus beau pour rivaliser avec le corseau de Calvisson. Sur les ceps jaunes et pourpres, les verjus avaient fini par mûrir. Les viticulteurs avaient terminé les vendanges, les caves étaient fermées (Le grappillage pouvait commencer).
      Ce matin, il était bien parti avec eux mais au chemin Bas, il lui avait dit : 
      - Je retourne ;  il y a des garçons qui campent à la Figuière. On a décidé de décasquiller quelques corneilles. Un collègue de mon âge va m’apprendre à faire des paniers. Je t’en ferai un joli ! Ne t’en fais pas, les parents seront trop occupés pour s’apercevoir de mon absence.
      - Ne dis rien ! Jure « croix de bois croix de fer, si je mens je vais en enfer » crache !
      C’est la petite Marie qui était allée demander leur aide. La  rue était longue, peu éclairée. Elle courut jusqu’à la brigade où les gendarmes l’écoutèrent avec un grand étonnement.
      Ne t’en fais pas gallinette, on va te le retrouver ton frère !
      Ils n’étaient sûrs de rien. Il fallait faire vite et être discrets ; n’y avait-il pas des Gitans à la sortie d’Anduze, sur la route de Saint Jean du Gard ? D’où venaient-ils ? On disait que c’était des voleurs de poules et d’enfants. Peut-être avaient-ils pris NUMA ? Il ne fallait pas perdre de temps.
      En traversant Anduze, ils interrogèrent des gens : Avez-vous vu un jeune garçon ? Nous le recherchons aussi ! Mais dites Messieurs les gendarmes, il faudrait faire un tour du côté du Portail du Pas ! Depuis quelques jours il y a un campement de romanichels ; nous sommes sûrs qu’ils sont capables de l’avoir séquestré ; ces gens-là n’ont pas bonne réputation.
      - Allez-y vite ! Pour nous c’est trop dangereux. Vous, vous êtes armés.
      - Nous y allons de ce pas mais continuez de chercher.
      Arrivés à la Figuière, ils trouvent le lieu bien désert, un chien qui aboie en leur montrant les dents, des poules, un cheval qui broute quelques rares  brins d’herbe et au milieu de tout cela, une vieille femme assise surveillant un chaudron où cuit doucement la soupe. Un frisson parcourt leur corps. Qu’y a-t-il dans cette soupe ?
      - C’est bien pour cela qu’ils y sont certainement ; les enfants font souvent ce qui est interdit !  
      - Mais ça change tout, vous avez raison, il faut aller chercher du renfort, des lampes des bougies vite, vite !
      - Quel bonheur ! Notre chèvre va permettre de retrouver les enfants.
      Toute la population d’Anduze plus les romanichels et les gendarmes se rassemblent avec des bougies, des lampes de mineur. Ils prennent tous la direction du tunnel par le petit sentier et les escaliers qui se trouvent juste après l’usine à gaz et qui mènent jusqu’à la voie du chemin de fer.
      Quelques hésitations avant de pénétrer, les plus courageux devant, les moins derrière, les poltrons rebroussant chemin.
      - Hou hou ! Vous êtes là ?
      - Hou hou les enfants ?
      - Il me semble que j’entends du bruit !
      - Silence !
      - NUMA, RAFAEL, TESTARASSE. Répondez !
      - Courage, avançons ! Nous allons bien les trouver.
      Les parents sont effondrés, ils avaient bien cru qu’ils allaient retrouver leurs petits. L’adjudant prend la parole :
      - Il est tard rentrez chez vous ; nous reprendrons les recherches demain à la première heure !
      Mesdemoiselles ! Allez coucher votre chèvre, nous avons perdu un temps précieux à cause de vous.
      Tout le monde se sépare, chacun rentre dans ses foyers bien inquiets. Les parents de NUMA et de RAFAEL discutent de leurs petits ; ils se rendent compte qu’ils sont pareils, que rien ne les différencie. Ils sont liés par le même chagrin. Ils se séparent en se promettant de se retrouver dès l’aube.
      À la gendarmerie l’adjudant réfléchit. La brigade est petite, elle n’a pas assez d’hommes ; il faut qu’il en réfère à sa hiérarchie. Il fait les cent pas, puis se décide à téléphoner à son colonel.
      - Allo ! Brigade d’Anduze ! Ici l’adjudant LECOQ ! Passez- moi le Colonel !
      - Vous avez vu l’heure ?
      - L’heure est grave ! Je vous prie de me passer le Colonel au plus vite !
      - Attendez ! Je vais essayer de le joindre !
      - C’est ça mais faites vite car ça ne peut pas attendre !
      - Allo ! J’espère que vous avez une bonne raison de me réveiller !
      - Mes respects mon Colonel ! Si je vous réveille, je vous prie de m’excuser, mais l’heure est grave ; Anduze vit des moments très difficiles : deux enfants ont disparu !
      - Disparu ! Comment ça ? Qu’attendez-vous pour les retrouver ?
      - C’est que mon  Colonel, nous les recherchons depuis des heures en vain !
      - Silence ! Je vais dépêcher  quelques hommes des brigades d’Alès et Saint Jean Du Gard.
      - Si cela n’est pas assez, nous aviserons.
      - Nous allons lancer l’opération cocorico.
      - Lancez ce que vous voulez mais tâchez de les retrouver au plus vite.
      - Mes respects mon Colonel !
      Après avoir bu une tisane de tilleul préparée par sa femme, l’adjudant put se reposer quelques petites heures.
      Nos deux gamins dans tout ça, où étaient-ils ? La nuit était noire et froide, quel danger planait sur eux ? Étaient-ils encore en vie ? On commençait à en douter.
      Dans les maisons les lampes étaient restées allumées, tous veillaient en échafaudant d’hypothétiques scénarios plus catastrophiques les uns que les autres. Nos deux loupiots après s’être lassés d’envoyer des pierres aux corneilles avaient décidé non pas comme prévu de faire des paniers (ils auraient bien le temps pour cela, l’inaction leur avait donné le temps de réfléchir) mais d’un commun accord ils avaient opté pour la traversée d’Anduze par le tunnel. Munis d’allumettes, de bougies et de pommes ils étaient partis gaiement à l’assaut de cette gueule noire.
      Très vite, ils avaient été à cours de lumière car les courants d’air éteignaient les bougies et ils avaient vite manqué d’allumettes. Ils avaient eu une peur bleue dans ces ténèbres où le silence faisait parfois place à des bruits bizarres. Puis, il y avait eu ces drôles de lumières qui, perçant cette épaisse noirceur, les avaient tétanisé. Ils avaient cru mourir ; imaginez des yeux braqués sur eux comme des flèches.
      Rafael poussant un cri d’effroi : c’est la bête du Gévaudan !
      Numa tremblant de tous ses membres : Non, c’est la Roumèque qui vient nous chercher. On a désobéi, elle vient nous punir ! Maman !
      - N’aie pas peur, la Roumèque est moins méchante que le loup.
      Ces histoires de bête du Gévaudan et de Roumèque étaient racontées aux veillées dans beaucoup de familles. Elles permettaient, par la peur qu’elles engendraient, de faire obéir les enfants tout en donnant bonne conscience aux parents.
      Ils avaient fui à toutes jambes trébuchant à chaque pas sur les traverses et les cailloux. Ils avaient fini épuisés par se retrouver à la gare où un train chargé de minerai  leur avait servi d’asile. Ils avaient tout connu : la peur, la faim, le froid. La fatigue aidant, ils s’étaient endormis blottis l’un contre l’autre.

      Au petit matin, un bruit de moteur les avait réveillés. À cet instant précis, une grosse voix tout près avait tonné et une main avait soulevé la bâche. La peur leur avait coupé le souffle, leurs membres étaient comme de la guimauve. Une lampe était braquée sur eux.
      - Que faites-vous ici à cette heure ? Pas de réponse, ils avaient perdu la voix.
      - Répondez ! Vous ne seriez pas les deux gamins que tout Anduze recherche ?
      - Oui  ne nous faites pas de mal !
      - Vous méritez mon pied aux fesses, vous pouvez vous vanter d’avoir semé la pagaille ! tous les Anduziens sont rassemblés devant la Mairie avec plusieurs brigades de gendarmerie. Ils vont se partager et battre la campagne dans tous les sens.
      - Descendez en vitesse et montez dans la camionnette ! À cause de vous je vais être en retard à mon travail, le train doit partir dans 30 minutes et je n’ai pas fini de décharger le minerai !
      - Si je n’étais pas arrivé à temps, vous seriez partis Dieu sait où et dans quelle condition !
      - Oh ! Je sais trop bien, moi, où on vous aurait retrouvé. Je vais vous le dire petits malheureux, vous seriez partis avec ce minerai  pour Viviez en Aveyron. Là, je ne veux pas penser à ce qui aurait pu se passer. Ou plutôt j’en ai froid dans le dos. Sachez les enfants qu’arrivés à destination, les wagons sont basculés et vous seriez partis avec tout le chargement ; vous auriez été broyés, vos pauvres parents ne vous auraient plus jamais revus. Vous méritez une bonne correction. J’espère que vous allez être punis et que ça vous servira de leçon.
      - Pressons !
      - J’ai peur ! Ce n’est pas notre faute ; bien sûr on a fait une grosse bêtise, en allant dans le tunnel. D’accord c’est interdit. Mais c’est la faute à la Roumèque qui nous a fait peur. Vous savez bien qu’elle vient chercher les enfants qui ne sont pas sages pour les emmener au fond du puits. Si nous avions eu assez d’allumettes, nous aurions traversé le tunnel sans problème. Nous serions rentrés à l’heure et personne ne se serait aperçu de notre retard.
      Notre chauffeur rit sous cape, il pense que ces deux-là vont être obéissants un bon bout de temps.
      - Allez oust, montez et plus un mot !

      Arrivé à l’allée, monsieur ROUX stoppe le départ des gendarmes et des volontaires. Il annonce :
      - J’ai ce que vous cherchez dans la camionnette, soyez indulgents avec eux, je crois qu’ils ne recommenceront pas de sitôt. Ils ont eu une bonne trouille.
      Les parents fous de joie se précipitent vers la camionnette et sortent leurs enfants qui s’attendent aux pires remontrances. Les parents trop heureux de retrouver leurs rejetons les serrent sur leur cœur. Ils les embrassent si fort qu’une fois de plus ceux-ci croient mourir mais là, c’est de joie et de bonheur.
      Tous les Anduziens sont contents du dénouement de l’histoire sauf peut-être l’adjudant LECOQ qui avait réveillé le Colonel et fait mobiliser plusieurs gendarmes. Pour sûr,  il allait se faire remonter les bretelles ; enfin ce n’était pas grave puisque les deux petits étaient sains et saufs.
      NUMA et RAFA allaient rentrer contents chez eux où un grand bol de lait chaud et de belles tartines les réconforteraient. Ils dormirent toute la journée et même toute la nuit suivante.
      La petite Marie qui avait eu si peur de ne plus revoir son frère reprit des couleurs. Elle s’est empressée d’aller trouver le garde, qui avec joie, avait fait le tour d’Anduze avec son clairon :
      - « Avis à la population, les deux loupiots sont de retour ! Arrêtez les recherches, qu’on se le dise ! »
      Pour remercier tous les Anduziens sans oublier les gendarmes, les gitans donnèrent un grand spectacle de flamenco et de chants accompagnés à la guitare. Il y avait même un ours qui jouait du tambourin. Je les rencontre de temps en temps.
    • N°2) Autre version : Extrait des Contes Cévenols (Vol.1) :
      Au mas de la Roubine vivait alors une fillette de huit ans, entre ses parents, ses grands frères et sa Mamé, vieille dame de quatre-vingts ans. La fillette s'appelait Alphonsine. On lui disait "Phonsine". La Mamé Joséphine l'appelait Phonsinette...
      "Èro lou curo-nis de la nisado !"
      C'était une magnifique petite fille, avec des cheveux châtains et de grands yeux noirs, toujours remplis d'étonnement et de rêve. La Phonsine avait des yeux toujours écarquillés comme si elle découvrait le monde sans arrêt ! Elle adorait jouer à se raconter des histoires, car elle n'avait personne avec qui s'amuser toute la journée : ses frères, déjà grands garçons, partaient travailler. Son père aussi. La mère avait son ménage. Il n'y avait que la Mamé de disponible.
      Heureusement, la Mamé Joséphine était un puits d'histoires. Elle était bavarde et inépuisable ! La Phonsine adorait l'écouter. Il y avait d'abord toutes les histoires de la jeunesse de la Mamé, qu'elle racontait en les enjolivant, en les arrangeant un peu, pour la petite fille... Mais il y avait surtout les contes de fées que la petite fille prisait par dessus tout, et qui la tenait, des heures entières, dans le giron de la Mamé, perdue dans des contes de sorcières, de gnomes et de farfadets, les yeux grands ouverts sur le vague de son imagination.
      Un jour où la Phonsine avait fait une bêtise vénielle, peccadille d'enfant, sa mère avait grondé en disant : "Si tu n'es pas sage, je vais appeler la Roumèque !"
      La fillette s'était précipitée sur la vieille Joséphine pour se faire expliquer qu'est-ce c'était que cette Roumèque, dont elle ne lui avait jamais parlé encore.
      La Mamé avait joint ses vieilles mains, ridées comme la peau des pommes cuites : "La Roumèque ?? Oh !... Euh ! Eh bé ! La Roumèque ! C'est difficile à dire. Tantôt c'est une vieille femme voûtée et ridée, comme moi... Mais en plus jolie et plus agile. C'est une espèce de fée qui emporte les enfants polissons."
      La Phonsine avait demandé : "- Elle les emporte ? Pour quoi faire ?"
      Mais, au lieu de répondre, la Mamé s'était perdue dans ses explications : "Quelquefois, elle se change en autre chose. Elle change de forme pour ne pas se faire reconnaître."
      La petite ouvrait des yeux grands écarquillés pour essayer d'imaginer cette extraordinaire Roumèque.
      "Quelquefois, poursuivait la vieille Joséphine, elle ressemble à une sorcière sans dents, ou alors au contraire, avec d'énormes dents qui lui sortent de la bouche, comme les défenses des sangliers. Quelquefois elle se change en écheveau de laine, une vieille pelote raide et bourrue comme une brosse de chiendent... Mon grand-père m'a raconté, il y a bien longtemps, ma drouleto, qu'un jour il avait ramassé sur le chemin un paquet de vieille laine ébouriffée, légère comme une plume et rêche comme du crin. Il avait mis cet étrange colis sous son bras, en pensant "qu'acò pòu servi à quaucun, belèu" Mais, au fur et à mesure qu'il avançait, le paquet de laine s'était fait de plus en plus lourd sous son bras, lourd... comme du plomb. Tant et si bien qu'il a dû le déposer sur le sol, pour reprendre son souffle. Et là ! Alors ! Zfffft !! le paquet de laine est parti en courant sur de petites pattes, et en riant aux éclats. Mon papé a entendu cette phrase au milieu des éclats de rire : Tan bé, me siéu fa pourta uno pauseto !
      C'était la Roumèque qui venait de lui jouer un tour à sa façon."
      La Phonsine buvait les paroles de la Mamé.
      "Où elle habite, la Roumèque, Mamé Joséphine ?"
      "- Près des gourgues des ruisseaux, ma nène, loin dans la montagne, dans les ruines des bergeries et des mas abandonnés. Elle sort doucement sur la fin de l'après-midi, quand le soir va tomber.
      "- Tu l'as vue, toi, Mamé ?"
      La vieille riait doucement : "Bien sûr, ma Phonsine, il y a longtemps, quand ère pequeleto !!"
      "- Alors je pourrai peut-être la voir, moi aussi", avait déclaré la gamine pleine d'espoir.
      La figure de la Mamé s'était renfrognée : "Sabe pa, ma drouleto. Aro, i'a de tèms que degun l'a visto".
      Mais la Phonsine ne l'entendait plus, perdue dans un immense espoir d'enfant : celui de voir enfin la merveilleuse Roumèque.

      À compter de ce jour mémorable, la Petite se mit à fouiner partout. On la trouvait dans les endroits les plus inattendus, dans les recoins des caves, de la clède, des remises et des greniers. On la trouvait embusquée à l'entrée des galeries des puits de la masade, guettant on ne savait quoi, des heures entières. Ses parents avaient constaté que la Phonsine disparaissait subitement une heure ou deux en fin d'après-midi.. Et impossible de lui faire avouer où elle se cachait jusqu'à la tombée de la nuit...
      "E alor, de qu'as fa jusqu'aro ?"
      "Rien, disait alors la fillette, le sourcil froncé et l'air occupé. Rien. Je cherche quelque chose..."
      On ne pouvait rien en tirer de plus... Mais la mamé Joséphine riait sous cape, toute seule dans son fauteuil près du fourneau, et ses yeux se plissaient de contentement lorsqu'elle voyait partir la gamine, toute affairée, à travers le carreau de la cuisine. La Phonsinette s'était mis dans sa petite tête dure de cévenole qu'il lui fallait trouver à tout prix cette sacrée Roumèque.. La mamé l'avait vue, elle devait donc se trouver par là. Elle la verrait aussi, et peut-être, qui sait, elle pourrait lui parler, lui demander des choses intéressantes : à quoi ça pouvait bien servir d'être Roumèque et ainsi de suite.
      La petite fille cherchait avec acharnement. Chaque fin d'après-midi, elle explorait méthodiquement les endroits les plus réputés pour être fréquentés par la Roumèque. Elle visita le lit du vallat presque jusqu'à la source. Elle insistait aux endroits bien fourrés, difficiles d'accès, là où les aulnes formaient des frondaisons touffues et des enchevêtrements inextricables de grosses racines, déterrées par les crues, qui enfermaient dans leur étreinte, comme des serres de rapaces, les gros rochers granitiques de la rive. La Phonsine remontait le lit du vallat sans bruit, en faisant bien attention à toutes les caches, à tous les recoins, à tous les trous, en se penchant sur tous les gourgs profonds et ombreux où il lui arrivait de surprendre de grosses truites endormies au fond sur un lit de feuilles mortes. Elle restait de longues minutes, immobile, blottie contre un rocher, regardant avec attention si rien ne bougeait dans le clair-obscur du vallat et le long des berges où s'avançaient discrètement les ombres du soir. Elle surveillait aussi la vie minuscule du ruisseau : le lent cheminement des porte-bois au fond de l'eau, traînant derrière eux leur longue carcasse ligneuse, les arabesques des araignées d'eau patinant à toute allure à la surface cristalline des vasques, le ballet aérien des libellules à la robe d'émeraude, l'éclosion des éphémères, et le martin-pêcheur filant comme une flèche minuscule sous les frondaisons...
      Puis elle changea de secteur de recherche. Elle s'en fut dans la montagne pour explorer les bergeries abandonnées, les granges effondrées, au risque de recevoir une des pierres branlantes de la toiture sur la tête. Elle avait pensé d'abord à ces vieilles constructions, mais rapidement, elle préféra les vieux mas abandonnés depuis des lustres, parce que mal commodes d'accès, trop loin au fond des serres, perdus dans la montagne. C'était, pour y accéder, une véritable expédition. Mais la Phonsine savait depuis longtemps se faufiler sous les cabasses, traverser les landes de genêts deux fois plus haut qu'elle, ramper sous les ronciers, enjamber les petites bruyères, patauger à mi-jambe dans les matelas de ces feuilles sèches que personne ne faisait plus brûler depuis longtemps. Elle avait découvert, au sortir d'un de ces fourrés inextricable, une bâtisse ancestrale où ne restaient plus debout que quelques pans de murs branlants, éventrés depuis longtemps par les ronces et les acacias épineux, mais dont les alentours cependant restaient curieusement dégagés, comme si quelqu'un s'en occupait régulièrement.
      Il y avait en effet une prairie d'herbe rude mais bien verte qui ceinturait les ruines sur une cinquantaine de mètres de diamètre. Dans ce pré isolé du reste du serre par l'étendue désolée des bartas, on pouvait s'asseoir sur des pierres plates de schiste à lauzes, qui semblaient avoir été déposés là tout exprès. La Phonsine avait consciencieusement exploré la ruine. Depuis sa première visite, elle revenait régulièrement s'asseoir sur "sa" pierre pour se reposer et pour rêvasser. D'ailleurs on avait une très belle vue, car l'horizon était dégagé. La Phonsine n'apercevait pas son mas, pourtant proche à vol d'oiseau, car il était caché par un ressaut de la montagne. Par contre elle découvrait toute la vallée du ruisseau de la Bruche, jusque vers les têtes de sources, qui griffaient la montagne - au nord - de leurs quatre rainures profondes, ce qui donnait au serre une physionomie aisément reconnaissable.
      Les mas s'égrenaient sur le versant Ouest du vallat à diverses altitudes, à des étages différents selon que les constructeurs avaient voulu profiter ou de la source, ou de l'ombrage, ou bien, au contraire, de l'ensoleillement. Chaque mas était encerclé de sa masade, reconnaissable aux ramures vert clair des châtaigniers, dans les derniers rayons vespéraux du soleil. Les "faïsses", régulièrement étagées sur le coteau abrupt du serre, dessinaient des alignements de terre ocre, lorsqu'elles étaient labourées, et verdâtre, lorsque le terrain était destiné à la pâture des troupeaux. Les "faïsses" du bas de la pente, près du ruisseau, étaient réservées aux cultures de légumes, car la proximité de l'eau courante autorisait, sans peine, de nombreux arrosages. Et la petite restait là, écoutant et regardant, surveillant et espérant, jusqu'à ce que le soleil, dans une auréole rougeoyante, disparaisse derrière la crête d'en face, déchiré par les rideaux de pins, dont la silhouette fantomatique se profilait en ombre chinoise longtemps après la disparition de l'astre.
      Lorsqu'elle rentrait au mas, la Phonsine devait subir les remontrances de ses parents, mais elle bénéficiait par contre du soutien de ses frères, convaincus que ces escapades lui étaient bénéfiques. Et la Mamé Joséphine se rencoignait sur son fauteuil en lui demandant : "Cerquès encaro, ma Nèno ?"
      D'un ton encourageant, mais où perçait parfois une ironie légère. Mais la petite ne renonçait pas facilement et ce manège dura tout un été... Cependant, les parents de la fillette s'inquiétaient tout de même un peu. À force de poser des questions, ils arrivèrent à lui faire dire où elle se rendait pendant toutes ces soirées, et jusqu'à la tombée du jour. La Phonsine, en rechignant, consentit enfin à avouer qu'elle se rendait tous les soirs, pour se reposer, dans le pré du vieux mas effondré, perdu au milieu des "bartas" de la montagne. 
      "Ah ! Oui, dit le père, après un instant de réflexion. Bien sûr ! Tu sais bien, Mamé ? C'est l'ancien mas des Majouffes. Il n'y a plus rien qui tient debout là-dedans, mais la clairière est restée propre. C'est un miracle !
      - Oï, Oï, déclara la vieille, toute pensive. Sabe bèn mounte es. Es pa liuen... mai pèr i'ana !
      - En tous cas, dit la mère en se retournant vers la petite, ce n'est pas trop dangereux, comme tes gourgs et tes vallats. Je préfère te voir aller par là, plutôt. Fais seulement attention à ne pas déchirer tes vêtements.
      - Laissez la faire, mère, dirent à leur tour les garçons, elle ne risque rien du tout. On connaît, là-bas. Il n'y a que des merles et des ronces. Laissez-la en paix."
      L'affaire devait en rester là et la Phonsine put reprendre sa quête sans autre interrogatoire.

      Au début de l'automne, les recherches de la Phonsine demeuraient vaines... La fillette désespérait de pouvoir rencontrer jamais la fameuse Roumèque. La mauvaise saison allait venir, et elle ne pourrait plus sortir lorsque les journées allaient se raccourcir, et le froid mordre. Après avoir battu les fourrés, les caches, les sentiers et les vallats, la petite montait se reposer sur sa chaise de lauze plate au mas des Majouffes. Elle y attendait la tombée du jour en regardant les "répéténades" qui voletaient autour des ruines dans leur chasse aux derniers insectes de l'été finissant.
      Un soir que la Phonsine était perdue dans une rêverie morose, il lui sembla entendre prononcer son nom. C'était un appel étouffé qui lui paraissait provenir des ruines : "...sine !....sine !"
      La petite prêta l'oreille en se demandant si elle ne rêvait pas... Mais non. C'était bien son nom que l'on appelait ainsi, à voix basse, vers le vieux mur en ruine. L'appel se faisait plus net : "Phonsine ! Phonsine !"
      La fillette se précipita vers le pan de mur écroulé qui ne tenait que par quelques pierres : "Phonsine ! Tu m'entends ?"
      "- Je t'entends, dit la petite en s'avançant sans une hésitation. Qu'est-ce que tu me veux ? Et d'abord, où es-tu ?"
      "Tu m'entends, ma Phonsinette, dit la voix ? C'est bien. Mais est-ce que tu me vois ?"
      Il y avait dans le ton comme une anxiété mal dissimulée. La Phonsine écarquillait ses grands yeux noirs sur le grand trou d'ombre qui béait derrière le vieux pan de mur. Il lui semblait discerner une buée légère qui prenait lentement de la consistance, et qui ressemblait un peu à cette vapeur qui s'exhale d'un sol surchauffé par le soleil lorsque tombent les premières gouttes d'une pluie d'orage.
      "Est-ce que tu me vois, ma Phonsinette ?... Il y a si longtemps, si longtemps que je t'appelle en vain... Il y a si longtemps que je ne comptais plus que tu m'entendes un jour…" 
      "- Je te vois... un peu ! déclara la petite. Mais d'abord qui es-tu ?" 
      "Eh bien ! Fillette ! Je croyais que tu me cherchais depuis bientôt trois mois", répondit la voix, un peu ironique. "Je suis… ce que vous appelez… la Roumèque ! Et, à ces mots, la vapeur se condensa, la buée prit forme. La Phonsine, stupéfaite, vit se détacher du pan de mur ruiné une Grand-Mère toute de blanc vêtue, avec de longs cheveux blancs, des yeux d'un bleu étrangement fané dans un visage plissoté par des milliers de rides fines comme des fils de soie. Elle était chaussée de sandales blanches et elle marchait sans que les brins d'herbe ne bougent sous ses pas. Dans ses mains, elle tenait un écheveau de longue laine rêche, ébouriffée et grise, qui lui descendait jusqu'aux genoux. 
      La Phonsine regardait cette apparition de tous ses yeux.
      "Je suis la Roumèque, répéta la Grand-Mère Blanche, en souriant d'un air très doux devant la surprise de la petite fille, et il y a trois mois que je t'appelle sans trêve parce que je sais que tu me cherches... et ne m'entend pas qui veut. Mais toi, c'est tout ce que tu as à me dire ?" La pauvre gamine n'en croyait pas ses yeux. Elle en avait le souffle coupé.
      "Es pas trop lèu !" balbutia-t-elle. Ce fut tout ce qu'elle put trouver à dire. La Roumèque s'assit sur une dalle de lauze tout en la regardant, et les yeux bleus de la vieille dame étaient remplis de sympathie. Elle ne lâchait pas son écheveau de laine.
      "On ne me trouve pas comme ça, dit-elle. Il y faut de la persévérance ! Tu me vois vraiment ! C'est extraordinaire ! Il y a si longtemps que cela n'est pas arrivé "
      Et elle avait l'air toute triste en disant cela.
      "Que me veux-tu, Phonsine ?"
      La petite s'était assise aussi. Elle ne se sentait pas inquiète. Tout au contraire. La Vieille Dame Blanche dégageait autour d'elle un calme et un apaisement extraordinaire. Elle apparaissait irréelle, impalpable et, en même temps reposante comme la vue des montagnes.
      "D'abord, demanda la fillette, quand elle eut un peu rassemblé ses idées, on m'a dit que tu emportais les enfants polissons. Pour quoi faire ?"
      La Roumèque eut un rire léger, puis elle soupira : "Cela, c'est une vieille histoire. C'est ce que disent les parents lorsqu'ils veulent que leurs enfants soient sages, mais ça ne tient pas debout. Je n'ai jamais emporté d'enfant et si quelquefois je me suis amusée avec des enfants, c'est seulement lorsqu'ils me demandent, comme toi, maintenant. Tu me crois, ma Phonsinette ?"
      La Roumèque souriait et la Phonsine sourit, soulagée. Elle le pensait bien, aussi, que cette sacrée Roumèque devait faire une excellente Grand-Mère !!
      Elle prépara dans sa tête une nouvelle question : "Quel âge as-tu, Grand-Mère Roumèque ?"
      "Âge ? dit la Vieille Dame Blanche, âge ...? Qu'est-ce que ça signifie, âge ? Si tu veux dire que je suis vieille, tu as raison, je le suis. J'ai au moins le même âge que ce serre, que ces arbres, que ces mas et cette eau qui coule là-bas dans le vallat. Mais est-ce que ces choses ont un âge ? Est-ce que j'ai un âge, moi ? Je ne sais pas. Mais toi, tu as de bien graves questions pour ton âge à toi, ma fillette.
      "Tu sais, j'ai toujours été comme je suis. J'ai été vieille et toujours à la mode. Maintenant je ne suis pas plus âgée, mais je suis dépassée. C'est peut-être cela, la vieillesse. C'est sûrement cela. Parce que, la vieillesse, cela vient surtout des autres, quand personne ne vous comprend plus..."
      Le ton de la voix était résigné et la Roumèque paraissait s'adresser aux montagnes. La fillette regardait, étonnée, cette étrange compagne qui tenait de si étranges discours... des discours que seule la Roumèque pouvait comprendre, peut-être.
      "Mais, vois-tu, fillette, comme le soir vient vite ? Regarde comme les ombres s'allongent sur la montagne. Il te faut rentrer au mas, sinon tes parents auront du souci... Va vite maintenant, et reviens demain... je t'attendrai..."
      La Roumèque regagnait son pan de mur. Elle paraissait se diluer dans l'air et les broussailles. La Phonsine se persuada qu'elle n'avait pas rêvé...

      TRADUCTIONS :
      C'était la petite dernière de la nichée !
      Que ça peut servir à quelque chose peut-être !
      Aussi bien je me suis fait porter un peu !
      Quand j'étais petite !
      Je ne sais pas ma petite. Maintenant il y a longtemps que personne ne l'a vue.
      Et alors ? Qu'as-tu fait jusqu'à présent ?
      Tu cherches encore, ma chérie ?
      Oui, oui ! Je sais bien où c'est ! Ce n'est pas loin, mais pour y aller... !
      Ce n'est pas rop tôt !

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LOU SENGLIÉ / LE SANGLIER DE VARAGES

  • Étymologie : À l'origine, le mot sanglier vient du latin "singularis", ce qui veut dire « singulier » dans le sens « unique, isolé, solitaire », parce que hormis les deux premières années de vie, le mâle vit seul.
  • Où : Varages (83).
  • Qui / Quoi : En l’an 1313, un sanglier fabuleux semait la terreur dans le village de Varages. Bertrand de Vintimille, seigneur du lieu, réunit ses meilleurs chasseurs dont Alcide PELLISSIER pour capturer le féroce pachyderme. L’évènement eu lieu le lundi 17 janvier 1313 dans la soirée. Alors qu’il neigeait abondamment, Alcide PELLISSIER grâce à un truc dont il avait le secret, surprit la bête, lui passa un licol et arracha ses deux énormes défenses, puis le ramena sur Varages où il fut acclamé en héros. Pour commémorer l’évènement, Bertrand de Vintimille passa contrat avec le menuisier du lieu, Marcel BLACAS, et fit reproduire l’animal en bois pour qu’il participat à toutes les fêtes du village. Mais au XIVe, l’évêque de Riez Elzear de Rastel, lors d’une visite pastorale, eut raison de l’animal en bois qu’il jugeait trop païen et le fît détruire. Pour renouer avec cette tradition perdue, la confrérie de San Foutin a réintégré cette bête dans le carnaval du village depuis 2006.
  • Vaincu par : Alcide PELLISSIER le lundi 17 janvier 1313 dans la soirée.
  • Origine du mythe : Moyen-Âge.
  • Associé à :
    • Phacomochère, Sanglier d'Érymanthe.
    • Carnaval de Varages en octobre.
  • + En savoir plus :.

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LA TARASCO / LA TARASQUE

  • La Tarasco / La tarasque :
    • Étymologie : Appelée aussi "bête faramine".
    • Où :
      • Vit près de Tarascon ou de Noves (13).
      • Mais on la trouve aussi en Espagne, où Sainte Marthe est assimilée à sainte Marguerite et le Rhône à l'Ebre. Le monstre est présent à l'occasion de la Fête Dieu à :
        • Madrid depuis 1663.
        • Barcelone (depuis 1599 à l'occasion des fêtes en l'honneur de Philippe III)
        • Grenade (On trouve aussi une fête de la Tarasqua en Espagne à Granada et à Santa Clara del Cobre : les participants qui défilent déguisés se font fouetter en passant puis tournent en ronds à la queue leu-leu.)
        • Valence (instauré en 1400, supprimée en 1780, et finalement restaurée en 1999 dans la banlieue, à Picanya)
        • Tarragone
      • On trouve même des traces de la Tarasque en Colombie où la tradition fut importée par la colonisation espagnole.

    • Qui / Quoi : Méchant monstre amphibien à six pattes courtes comme celles d'un ours, un torse comme celui d'un bœuf, recouvert d'une carapace de tortue et muni d'une queue écailleuse se terminant par un dard de scorpion. Sa tête a été décrite comme étant celle d'un lion aux oreilles de cheval avec un visage de vieil homme, aux yeux noirs et rouges et à l'haleine putride. Elle tourne très vite mais trop grosse. À son passage, il était d'usage de pousser le cri traditionnel : "Lagadèu, lagadigadèu, lou castèu !"
      Cet animal fabuleux est un dragon d'eau à face de lion, avec une mâchoire pourvue de dents acérées, une crinière de cheval, 6 pattes d'ours et une queue de serpent. Ses écailles tranchantes et ses griffes mettent en pièces ses victimes, tandis que ses naseaux exhalent un souffle empoisonné. Bouchant le courant du Rhône où elle émigra, elle dévore le bétail et terrorise la population, elle fut maîtrisée par Ste Marthe qui parvint à la lier avec sa ceinture. La bête fut lapidée par les habitants.
    • Vaincu par : Plusieurs versions existent pour expliquer la fin du monstre :
      • Version 1 : Un jour, une jeune fille originaire de Judée, Sainte Marthe, venue évangéliser la Basse-Provence, décida de braver la bête. Avec toute la compassion que lui procurait sa foi chrétienne, elle obtint la soumission de la créature qui se laissa mener en laisse : Sainte Marthe avait ligoté à jamais ce symbole du paganisme. Mais le village avait subi tant de pertes que ses habitants se ruèrent sur le monstre et le tuèrent.
      • OU version 2 : Seize jeunes gens auraient défié et tué la Tarasque et seulement huit en seraient sortis vainqueurs (Lou chivalié Bigounet, Bord, Simoun, ...) et auraient fondé les villes de Tarascon et de Beaucaire.
      • OU version 3 : Seul, Tartarin de Tarascon a réussi à en venir à bout en la faisant tourner très vite autour du village jusqu’à ce qu’il ait tout fondu en graisse.
    • Origine du mythe : Cet animal aurait pénétré dans le Rhône après le naufrage d'un bateau qui le transportait vers quelque amphithéâtre voisin et le delta du Rhône avec ses marécages devaient offrir à notre animal un abri aussi tiède que sûr. Ceci expliquerait aussi pourquoi le monstre a été si mal représenté, il était étranger à la région et bien sûr on ne l'avait qu'entrevu et de loin. La légende dit que la Tarasque était la fille de Béhémoth et de la Vipère. Une autre version, religieuse, raconte qu'elle serait née en Galatie, sur le bord du lac salé de Tatt, de l'union de la Bounge devenant aveugle et du Léviathan (créé par le Diable).
    • Associé à :
      • Fête à Tarascon (dernier WE de juin, entre l'ascension et Pentecôte), chevaliers de la tarasque, farandoulo di tarascaïre.
      • La Cucafera est une espèce de dragon issue de la procession de la Fête Dieu dès le XVIe siècle. Elle y symbolisait les forces du Mal. Elle est apparentée à la Tarasque :
        • À Tortosa, la Cucafera appartient à la confrérie des pêcheurs et forme aujourd'hui un élément typique des fêtes de la Renaissance qui s'y déroulent chaque année.
        • À Alcoi, le miracle de la Cucafera domptée par sainte Maguerite était présent lors des processions dès 1552. Après être disparue, elle renaît de ses cendres en 1995.
        • Tarragone et Begues possèdent aussi une Cucafera.
    • Musique :
      • Les airs des Fêtes de la Tarasque de Tarascon :
        • Air de présentation de la Confrérie dei Tarascaïre et Chevaliers de la Tarasque : "Parado deï Tarascaïre" pour le défilé
        • "La courso de la Tarasco" > Chanson traditionnelle "Lagadigadèu la tarasco"
        • "Pauso deï Tarascaïre" (ou encore : La farandole des ménagers / Un jour Lucas dans la prairie / Ça ne se peut pas)
        • "Farandoulo di Tarascaire" (sûrement l'air de farandole le plus populaire, joué au galoubet-tambourin)
        • Vient ensuite les corporations et confréries voisines (Les mariniers du Rhône, Les archers, ...) : "Marche de St Sébastien"
        • Puis les porteurs : "Lou jo de la bouto / Le jeu du tonneau ivre" (Tonneau de Bacchus)
        • Et enfin tous ensemble : "Farandole des portefaix et marins"
      • Chanson de la Tarasco (créée pendant le stage PLV 2011)
      • "L'istòria vertadièira de la Tarasca / La véritable histoire de la Tarasque" du groupe Feràmia.
      • "La Tarasque, monstre du Rhône" du groupe Tard Quand Dîne (2011)
      • "La Tarasco" de l'album "Contes et chansons de Provence" de Jan-Nouvè MABELLY (Ed. Disney 1996)
      • Défilé militaire pour fêter le retour de Tartarin de sa chasse en Afrique "Par la tarasque, en France, tout le monde est un peu de Tarascon." (Alphonse DAUDET)
      • Cantique à Ste Marthe (archives de Tarascon)
      • "El Tarasco" (banda de Carnaval d'Andalousie)
    • + Santon FOUQUE
    • + En savoir plus : UNESCO, Légende, Tarascon, Reportage TV, Vidéo, Plusieurs tarasques, Émission n°66 de l'Académie du Tambourin.

 

 

  • Texte :
    • "Par la tarasque, en France, tout le monde est un peu de Tarascon." (Alphonse DAUDET)
    • Description de la Tarasque par Frédéric MISTRAL (extrait de Mirèio) :

      La bèstio a la co d’un coulobre,
      D’iue mai rouge qu’un cinobre
      Sus l’esquino a d’escaumo e d’àsti que fan pòu
      D’un gros leinoun porto lou mourre,
      E sièis pèd d’ome pèr mies courre ;
      Dins sa caforno, souto un moure
      Que doumino lou Rose, emporto ço que pòu.
      Reviraduro / Traduction :

      La bête a la queue d’un dragon,
      Des yeux plus rouges qu'un cinabre ;
      Sur le dos, elle a des écailles et des dards qui font peur !
      D’un grand lion elle porte le mufle (museau),
      Et elle a six pieds humains, pour mieux courir ;
      Dans sa caverne, sous un roc
      Qui domine le Rhône, elle emporte ce qu’elle peut.

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LA BÈSTIO DÓU VACARÉS / LA BÊTE DU VACCARÈS

    • Extrait du roman de Joseph d'ARBAUD :
      Dins l'entre-mesclun dóu rousèu, destriave emé proun peno un ràbi que bourrejavo, emé soun péu secarous, rufe e rouginas, dous pèd, que si bato fourcuda, eisa, li poudiéu counèisse ; mai ço que lou mai m'estraviavo, èro d'entre-vèire un espèci de pedas de sarpeiero empega sus lis esquino e li ren. Amoulounado, sèns branda sus si jarret, la Bèstio me fasié vèire ni soun davans ni sa tèsto. [...] sentiguère moun péu s'auboura dins moun capeiroun, uno susor de gèu regoulè dins moun esquino [...] Car la tèsto, en se revirant, fasié vèire un carage d'ome.[...] Mai eiçò, pamens, n'èro pas gaire. Sentiguère, tout à-n-un còp, un boufe d'abouminacion alena sus moun carage [...] car veniéu de recounèisse, quihado de chasque cousta dóu frontas, douminant la caro terrouso, dos bano, o dos bano, uno de coupado, mesquino, sus soun mitan e l'autro revirado dins un revòu [...]

      TRADUCTION ("Entre les roseaux emmêlés, difficilement je dinstingais un arrière-train couvert de poil borru, grisâtre et fauve, deux pieds à la corne fendue que, bien aisément, j'identifiais ; mais ce qui me surprenait au-dessus de toute expression, c'était d'apercevoir une espèce de sayon, d'étoffe grossière, plaqué contre l'échine et les reins. Accroupie, immobile sur ses jarrets, la bête ne laissait voir ni son avant-train ni sa tête. [...] je sentis mes cheveux se dresser sous mon chaperon, que je sentis mes cheveux se dresser sous mon chaperon, une sueur de glace ruisseler dans mon échine [...] Car la tête qui se tournait vers avait une face humaine. [...] Mais ceci était encore peu de chose. Je sentis tout à coup comme un souffle d'abomination haleiner sur ma figure [...] car je venais d'apercevoir, plantées de chaque côté du large front, dominant la face terreuse, deux cornes, oui, deux cornes, l'une rompue misérablement en son milieu, et l'autre enroulée à demi dans une volute [...]")

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LI TRES MASCO / LES 3 SORCIÈRES

  • Étymologie : Masqué, caché, magique.
  • Où : Partout... Par exemple, la grotte de la masco à Entrechaux (84) (Son accès scabreux ouvre sur un couloir râpeux prolongé de trois salles où se lisent sur la roche de nombreuses signatures d'Hannibal au XIXe siècle).
  • Qui / Quoi : Méchantes sorcières avec potions magiques et sortilèges.
    • De la sorcière médiévale...
      De la fin du Moyen-Âge jusqu'au début du siècle des Lumières, les gens voyaient des sorcières partout. Il y a toujours eu, surtout dans les campagnes, des femmes qui connaissaient bien les herbes et savaient obtenir avec celles-ci des effets de guérison ou d'empoisonnement. Ajoutons-y des opérations basées sur la force des symboles, quelques paroles incompréhensibles, et on obtient une sorcière : une femme qui semble manipuler, par ses savoirs occultes, des forces obscures pour les mettre à son service ou au service de celui qui les lui achète. Ainsi, elles vendent des charmes amoureux, des amulettes, des remèdes.
      ...à la sorcière moderne
    • Au tout début de la Renaissance, il seproduit un tournant qui voit naître une deuxième catégorie de sorcières. En Europe, on pense que ces femmes ne sont plus de simples magiciennes de campagne mais des adeptes du Diable. On les voit en prêtresse d'une religion immorale, diabolique, hérétique. Leur cas s'aggrave ! Elles n'ont plus leur place au sein de la communauté. Il faut les démasquer, les interroger, les faire avouer, et bien sûr les punir et en débarrasser le monde.
      NB : Quelques chiffres de ce massacre : plusieurs dizaines de milliers de sorcières !
      Dans le village de Wadsee en Allemagne 48 personnes sur 2000 sont brûlées. Dans le duché de Brunswick, on brûla une dizaine de sorcières par jour. Dans le diocèse de Wurzbourg, on ne compte pas moins de 900 assassinats de sorcières et sorciers. Dans les environs de Trêves, toujours en Allemagne, dans 2 villages, il ne resta que 2 femmes en vie. En Alsace à Turkheim 148 sorcières furent brûlées. À Tharn, 136. Dans le diocèse de Strasbourg, pas moins de 6000 en 20 ans. Dans le comté de Werdenfels, 48 personnes le même jour. Dans le comté de Henneberg, 22 sorcières en 1612 et de 1597 à 1676 il en fut brûlé 197. À Salzbourg, 97 sorcières en 1678...
      En Allemagne, dans la région de Silésie, on en avait tant brûlé que l'on manquait de bois, alors on créa des fours gigantesques où l'on poussait les sorcières par dizaines. Jusqu'à 42 en même temps ! 1000 autres s'y succédèrent en 9 ans parmi elles des enfants de 2 à 4 ans !!!...

      Ainsi commence la chasse aux sorcières, d'abord conduite par des inquisiteurs puis par des juges civils.
      Leurs crimes : Elles renient et blasphèment Dieu. Elles adorent le diable. Elles vouent et sacrifient leurs enfants au diable avant qu'ils ne soient baptisés. Elles consacrent leurs enfants à Satan dès le ventre de la mère. Elles promettent au diable d'attirer tous ceux qu'elles pourront à son service. Elles se nourrissent de chair humaine, de pendus ou de frais cadavres. Elles jurent par le nom du démon, ne respectent aucune loi, commettent des incestes, tuent les gens, les font bouillir et les mangent, ou les font mourir par poison et par sortilèges. Elles font pourrir les fruits et causent la stérilité. Elles se font les esclaves du diable et copulent avec lui.
      Pour reconnaître une sorcière : Les inquisiteurs mirent au point un certain nombre de méthodes réputées infaillibles pour déterminer si une suspecte était ou non coupable de sorcellerie. On disant notamment qu'une sorcière portait sur le corps une marque distinctive, dite "marque du diable", correspondant à une tache suspecte au bas du dos ou à un point insensible dans un endroit du corps. C'est ainsi qu'en 1599, le roi Jacques I d'Angleterre mit au point la méthode du "Witch-pricking": il suffisait de piquer la réputée sorcière sur l'ensemble du corps ; si une de ces piqûres ne saignait pas, c'était la preuve que l'on se trouvait en présence d'une sorcière.
      Un autre moyen consistait à plonger la prévenue dans l'eau, après l'avoir lestée de pierres : si elle surnageait, elle était coupable de sorcellerie, et finissait sur le bûcher ; si elle se noyait, elle était innocente et mourrait en bonne chrétienne...

      Les sorcières ont près d'elles des "familiers", chats noirs, corbeaux ou crapauds qui en réalité sont des démons à leur service. Elles peuvent aussi se métamorphoser en animaux, notamment en lièvres. Sous cette forme, les sorcières peuvent entendre de loin tout ce qui se dit sur elles, grâce à leurs longues oreilles, et s'enfuir plus vite lorsqu'on les pourchasse.
      • Les sorcières d'eau : Les sorcières d'eau hantent les marais ou le bord des rivières. Leur rencontre est toujours néfaste : elles dévorent ceux qu'elles croisent ou annoncent leur mort prochaine. Ainsi des fenettes, ou "petites femmes", gémissent dans les roseaux couvrant les îles et les marais du Rhône. (Les martes du Berry se montrent au bord des cascades, tantôt sous formes de fées, mais le plus souvent sous forme de sorcières. En Basse Bretagne, les Groac'h sont des sorcières d'eau vivant sous les étangs ou sous les lacs.)
      • Etc...
  • Vaincu par : Certaines ont été brûlées par les Papes d'Avignon.
  • Origine du mythe : Moyen-Âge.
  • Associé à :
    • La sorcière Taven : Fiction. Taven est la sorcière issue du livre de Frédéric MISTRAL. (cf. "Mirèio"). Es la Masco dins “Mirèio”. Es la vièio qu’es aqui pèr dire la lèi (pas escricho mai ouralo, la tradicioun familialo), es tambèn la masco que va sougna Vincèn après sa batèsto emé Ourias. Es la counfidènto de Mirèio. Rèsto dins lou trau di Fado qu’es la cafourno dis esperit. Counèis li legèndo e istòri de Prouvènço. Tavèn es lou liame entre la Prouvènço passado e la Prouvènço dis annado 1850.
      NB : Aux Baux-de-Provence, on peut se rendre dans le “Gouffre Infernal” où se trouve “Le Sarcophage de Taven”.
    • Le fameux procès des sorcières de Salem se déroula aux Etats-Unis, dans le Massachusetts, en 1692. Tout commença par le comportement étrange de 3 jeunes filles, Abigail WILLIAMS et Betty PARRIS, nièce et fille du révérend Samuel PARRIS, et Ann PUTMAN. Elles s'exprimaient dans une langue inconnue, marchaient les pieds en dedans, avaient le regard louche. Au sein de la société puritaine dans laquelle vivait la communauté de la petite ville de Salem (aujourd'hui Danvers), il ne faisant aucun doute que les jeunes filles étaient possédées du diable. Sommées de dénoncer ceux ou celles qui les avaient envoûtées, les jeunes filles finirent par citer une vingtaine de personnes, dont une pauvre mendiante, une vieille femme, un ministre du culte et un policier, les accusant d'être des sorciers et des sorcières affidés à Satan. En fin de compte, 25 personnes innocentes furent jugées et pendues.
    • Les Nécromants sont des sorciers qui invoquent les morts pour obtenir des prophéties. En fait, ils invoquent l'ombre du mort, sa part obscure, et non son âme. Le plus célèbre d'entre eux est sans doute Merlin, qui, dans des versions ultérieures de sa légende, fut transformé en enchanteur. La nécromancie est attestée depuis la plus haute Antiquité : Grecs et Thessaliens avaient coutume d'arroser les cadavres de sang frais pour obtenir d'eux des révélations et des prophéties. En Syrie, on coupait la tête de jeunes enfants, on la salait puis on l'embaumait avant de la poser sur une plaque en or gravée au nom de l'esprit démoniaque auquel on souhaitait faire appel, qui répondait alors à toutes les questions en parlant par l'intermédiaire de la tête de l'enfant mort. La nécromancie est considérée comme une pratique de magie noire et est sévèrement condamnée par les religions.
    • Quelques autres noms de sorcières célèbres : Adèle, Jeanne d'Arc, Agnès SAMPSON, Marie NAVART, La Voisin, Anna GÖLDIN, Taven, Maléfique, Circé, Morgane, Baba Yaga, La Banshie, La Theuggia, Ma sorcière bien aimée, Cruella, ...
  • Musque :
    • Chanson : "Lou trau di masco" (2019) d'Henri MAQUET
  • + En savoir plus :

 

 

 

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TUDORELLA / L'ÉLÉGANTE DES CALANQUES

  • Étymologie : Tudorella Sulcata (nom donné par le naturaliste français Jacques P-R. DRAPARNAUD en 1801)
  • Où : Dans les calanques (13).
  • Qui / Quoi : Escargot marcheur qui rôde la nuit près des maisons.
  • Vaincu par : *
  • Origine du mythe : Cet escargot existe vraiment mais en vrai il est tout petit. On l'appelle aussi désormais "L'élégante des calanques". NB : C'est le seul escargot hétérosexuel !
  • Associé à :.
  • + En savoir plus : http://inpn.mnhn.fr, www.youtube.com

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LE POULPE BLEU

  • Étymologie : Hapalochlaena maculosa
  • Où : Dans les calanques (13).
  • Qui / Quoi : Ce poulpe géant sort la nuit et va manger les fruits des figuiers de Barbarie des Calanques.
  • Vaincu par : *
  • Origine du mythe : Ce poulpe est inspiré d'un des dix animaux les plus mortels au monde : "Le poulpe bleu-bagué ou poulpe aux anneaux bleus". Il doit son nom commun à sa capacité de faire apparaître 50 à 60 anneaux bleu vif de 2mm de diamètre entourés de marron foncé sur tout le corps en cas de danger. Il est pourtant assez petit (de  la taille d'une balle de golf) mais son venin est si puissant qu'il peut tuer un être humain adults en quelques minutes. Sa morsure indolore peut sembler inoffensive, mais les neurotoxines mortelles commencent à fonctionner immédiatement ayant pour résultat une faiblesse musculaire, des engourdissements, suivi d'un arrêt respiratoire entraînant la mort. On trouve ces poulpes dans l'océan pacifique, aux Japons et en Australie, mais sûrement pas dans les calanques...
  • Associé à :.
  • + En savoir plus : www.goodsites.fr

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LOU VOLO-BIÒU / LE BOEUF VOLANT

  • Étymologie : Du provençal "biòu" (boeuf) et "volo" (vole).
  • Où : Village de St Ambroix (30).
  • Qui / Quoi : Bœuf doré avec des ailes, qui vole.
  • Vaincu par : * (inoffensif)
  • Origine du mythe : La légende du Volo-Biòu (du bœuf qui vole) Une légende médiévale occitane.
    Il y a fort longtemps... entre le XI et le XIVème siècle, la récolte de raisins avait divinement été abondante et faute de récipients, le vin avait moisi. Grand était le désespoir de nos Saint-Ambroisiens vivant des fruits de sa vente et qui, tous, femmes, hommes buvaient du vin à l’exception de Beoulaigo qui buvait de l’eau !
    Des groupes de mécontents, menés par Trinco-Puncho, se formèrent, la révolte se mit à gronder dans toute la cité.
    C’est alors qu’une idée folle vint à l’esprit du Consul : « À la foire prochaine ce sera fête, le bœuf Caïet volera, et, parole de Consul, notre vin se vendra ».
    Tandis que les crieurs annoncèrent l’évènement dans toute la région, la population s’affaira. Le jour venu, des milliers de curieux accoururent des quatre coins de la contrée. Il fit chaud, si chaud que le vin frais coula à flots chez tous les Saint-Ambroisiens devenus cabaretiers. Après une longue animation, Caïet défila paré de superbes ailes suivit de toute la populace. Arrivé au sommet du Rocher de la tour Guisquet, il fut lancé dans les airs sous les applaudissements et les acclamations.
    Certains diront qu’il retomba aussitôt dans le vide en s’écrasant. D’autres raconteront, à leurs enfants et petits-enfants, qu’il déplia ses ailes et s’envola comme une flèche vers la Salindrinque.
    Quant au vin moisi, il n’en restera plus une seule goutte ! Qui boira, Verra !
    Depuis, nos Saint-Ambroisiens sont surnommés les « Volo Biòu », les habitants de Banne (en Ardèche) « les Débannés » (les connes en Oc) et les alésiens des « Mango-Tripos » (les mangent tripes) car la légende raconte que l’animal éventré après sa chute se relève et court jusqu’à Alès où il en perd ses tripes. Puis il meurt à Anduze.
  • Associé à : Fête de St Ambroix (30) : tous les 13 et 14 juillet, les habitants de Saint-Ambroix font revivre leur légende occitane médiévale, un boeuf majestueux ailé et doré est promené en procession, la ville s’enflamme et revit le Moyen-Âge.
  • + En savoir plus :


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L'ESPERIT FANTASTIC / L'ESPRIT FANTASTIQUE

  • Étymologie :
  • Où : Invisible.
  • Qui / Quoi : Es un esperit que pòu faire lou bèn coume de marrido causo. (Et qui permet de communiquer par télépathie avec les dragons ?). Invisible.
  • Vaincu par : *
  • Origine du mythe : 1869. Pure fiction cf. "Mirèio" de F.MISTRAL. .
  • Associé à :
    • L'esprit de la forêt : S'il manque des pétales et des feuilles sur les plantes, c'est peut-être que des esprits les ont pris pour se vêtir. Ils peuvent faire fleurir des plantes au milieu de l'hiver et récoltent les fruits étranges. Dans les forêts ou vivent des esprits, on peut trouver des cosses pour boire, des matelas de pissenlits et des chapeaux faits de feuilles pliées.
      Les esprits des bois ont des couleurs éblouissantes, la taille de grands insectes et des membranes ailées scintillantes. On peut les confondre avec des insectes exotiques ou des fleurs. Ils habitent au fond des bois et vivent en haut des branches. Ils aiment êtres au côté des Sylvides et autres êtres du monde invisible. Ils se déplacent en essaims et peuvent mordre s'ils se sentent menacés. La nuit, leur corps dégage un léger halo, de sorte que l'on peut les confondre avec des Lucioles. Ils aiment se déplacer à dos d'insecte et petit oiseau.
    • Kelpe, l'esprit des eaux : On appelle "Kelpe" un esprit des eaux qui prend la forme d'un cheval gris ou noir. Il noie puis dévore quiconque tente de le chevaucher. On le remarque le long des rives des cours d'eau ou des berges des lacs. Pour le reconnaître, fiez-vous à sa crinière dégoulinante et à sa peau, proche de celle du phoque mais froide au toucher. On entend parfois le kelpe hennir avant une tempête. Il est aussi capable de faire déborder une rivière. Lorsqu'on parvient à brider un kelpe, on peut le domestiquer. Mais prenez garde qu'il ne se débarrasse pas de son harnais.
    • Cluricaune : Ce sont des esprits d'Irlande apparaissant sous les traits de minuscules vieux bonshommes hauts de 15 cm. Ils sont vêtus d'un manteau rouge aux pans attachés par une grosse boucle d'argent, sont chaussés de bas bleus et de souliers à boucle et hauts talons et sont coiffés d'un bonnet de nuit rouge. Ils sont gais, insouciants et pauvres. Ils fabriquent leur propre monnaie. Portés sur la bouteille, ils ont peu à peu déserté leurs collines pour hanter les caves et les celliers des humains. On dit qu'ils sont à l'origine de la recette de l'authentique Whiskey irlandais, distillé 3 fois (contre 2 pour le Whisky écossais).
    • Esprits aériens et géants :
      Les Indiens d'Amérique le savaient bien : le "Peuple des nuages" était respecté par les Peaux Rouges, qui en échange obtenaient pluie et fertilité pour leurs cultures.
      En Espagne, le ciel est plein de monde. Il y a "el ventolin", un petit peuple d'esprits aériens. Pas gourmand, ces derniers se nourrissent juste de soupirs. Ils vivent le jour "là où est le Soleil" et descendent la nuit par les rayons de la Lune. Très timides, ils ne se manifestent que par un léger "remous de l'air". Mais le ciel espagnol est aussi peuplé de géants. Ils courent derrière les nuages et les poussent les uns contre les autres. Appelés Nubeiros, ils prennent parfois une forme humaine grande comme une maison, et en agitant en l'air leur chapeau, amassent de grande quantité de nuages. Afin de se protéger de ces nuées désagréables, les hommes font sonner les cloches de leurs églises ; apeurés par le bruit, les Nubeiros se dispersent alors.
      En France, le géant Galagu prend l'aspect d'une immense formation nuageuse. De temps en temps, il enjambe le Rhône pour y boire avec la main.
      À Benvenuto, en Italie déferlait autrefois une troupe malveillante d'hommes des nuages. En compagnie de son peuple, le duc de Bénévent provoquait le malheur depuis le ciel. Cachés au sein des nuées, les Bénévents semaient sur les terres des poudres charmées, empoisonnant les rivières, décimant les plantations et asséchant les champs. L'empereur français Napoléon premier mit fin à leurs mauvais coups lorsqu'il annexa Benvenuto en 1806.
  • + En savoir plus :
  • Texte / Poème :

    Agues pas pòu ! acò 's un glàri
    Bon que pèr faire de countràri.
    Es aquéu fouligaud d'Esperit-Fantasti :
    Quand dins si bono se devino,
    Te vai escouba ta cousino,
    Tripla lis iòu de ti galino,
    Empura lou gavèu e vira toun roustit.

    Mai, que ié prengue un refoulèri,
    Pos dire adiéu !... Que treboulèri !
    Dins toun oulo, ié largo un quarteiroun de sau ;
    Empacho que toun fiò s'alume ;
    Te vas coucha ? boufo toun lume ;
    Vos ana i vèspro à Sant-Trefume ?
    T'escound o te passis tis ajust dimenchau.
    F.MISTRAL dans Mirèio, 1859

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LI CROUTESC / LES GROTESQUES

  • Étymologie : Synonyme de ridicule
  • Où : Près d'Aix-en-Provence.
  • Qui / Quoi : Les Grotesques sont des tapisseries qui (vers 1689) représentent des décors de théâtre où se mêlent musiciens, danseuses persanes et animaux mystérieux...
  • Vaincu par : *
  • Origine du mythe : Style artistique.
  • Associé à : *
  • + En savoir plus :

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LI LAVANDIERO DE NIUE / LES LAVANDIÈRES DE NUIT

  • Étymologie :
  • Où : Près des lavoirs ou eaux stagnantes.
  • Qui / Quoi : Elles apparaissent la nuit près des eaux mortes ou des lavoirs, et manifestent leur présence par des chants ou des coups de battoir sur le linge mouillé. Leur rencontre est toujours de mauvais augure, et présage souvent une mort imminente. 
    Il s'agit le plus souvent de sorcières, de mortes qui n'ont pas été ensevelies dans un linceul propre (c'est pour cela qu'elles reviennent la nuit le laver) ou de fantômes revenus sur terre pour expier un châtiment.
    Leurs fautes les plus communes sont d'avoir osé faire de leur vivant leur lessive un dimanche, défiant ainsi la règle du repos dominical, d'avoir trop économisé le savon ou d'avoir tué leurs propres enfants : dans ce cas, elles sont condamnées à laver jusqu'à la fin des temps les langes sanglantes de leur poupons sans vie.
  • Vaincu par : *
  • Origine du mythe :
  • Associé à :.
  • + En savoir plus :

 

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LOU LOCNÈSSI / NESSY

  • Lou Locnèssi / Nessy :
    • Étymologie :
    • Où : Bête, qui vit dans le lac de Mormoiron ou la fontaine de Vaucluse (d'où vont ressortir nos héros !)
    • Qui / Quoi : Un long serpent qui vit dans l'eau, très bête.
    • Vaincu par : * (inoffensif)
    • Origine du mythe : Stage PLV.
    • Associé à : Cousin du monstre du Loch-Ness en Écosse.
    • + En savoir plus : .

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LOU TÒFI / LE ...

  • Étymologie : Familial chez les CALAMEL.
  • Où : Mazan et Caromb.
  • Qui / Quoi : Gentil, bien brave... Sa tête a la forme d'un bol, à l'envers. Un peu poilu. Il est visqueux, granuleux.
  • Vaincu par : * (inoffensif)
  • Origine du mythe : PLV, famille CALAMEL. (NB : Rien à voir avec le diminutif de Christophe).
  • Associé à : Stage PLV.
  • + En savoir plus : Chansons sur lou Tòfi.

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Conte des fées des vents :
En magie, on apprend dans les premières leçons qu'il existe des esprits élémentaires des éléments. Le feu, l'eau, et même le vent.
Les plus anciens esprits élémentaires du vent sont deux frères grecs : Borée et Zéphyr. Le premier, de nature vive et même violente, s'occupe des vents du Nord. Il prend parfois la forme d'un cheval. Le second, d'humeur plus douce quoique marié avec une harpie, s'occupe des vents d'Ouest. Un jour, Borée rencontra saint Laurent et l'accompagna jusqu'à la ville du Puy-en-Velay. Le saint homme entra pour prier dans un oratoire et demanda à Borée de l'attendre, puisque non baptisé, il ne pouvait pénétrer dans un bâtiment chrétien consacré. Il le fit attendre au point que Borée fit rugir le vent à la porte de l'église ; et c'est toujours le cas !!!
Un autre saint chrétien, Césaire, partit en quête d'un élémentaire du vent pour la petite ville de Nyons, en Provence, frappée par la canicule. Arrivée au bord de la mer, saint Césaire découvrit un lieu ou le vent chantait dans les pins avec une musique si douce qu'on aurait dit une cithare. C'était l'oeuvre de l'esprit éolien Citharista. Étant parvenu à retenir une partie du vent dans un de ses gants, saint Césaire revint à Nyons. Il jeta son gant contre un rocher, qui se fendit, libérant ainsi un nouveau génie au souffle frais: le Pontias.

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Bibliographie : Bestiàri fantastic / Les bêtes fantastiques

Discographie : Voir le site Zic Trad.

Liens Internet :

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Autres personnages fantastiques de la Provence autres que des bêtes :

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AUTRES CRÉATURES FANTASTIQUES, hors Provence, À TRIER :

Les êtres élémentaires :
Les élémentaux de l'eau sont : Les Ondines, les Nymphes, les Nixes, les Sirènes et autres Néréides. (NB : Monstres-marins)
Les élémentaux de l'air sont : les Elfes, les Sylphes et les Anges
Les élémentaux du feu sont : les Salamandres
Les élémentaux de la terre sont : toutes les catégories de Nains, les Gnomes souterrains, les Elfes noirs, les Démons.
Ce sont des êtres supérieurs du monde de féerie. Ils ressemblent à des jeunes gens humains, avec quelque chose de diaphane et de lumineux.

La plupart de ces créatures sont célébrées sous forme de procession, de cortèges ou de carnaval. Il rappelle le plus fréquemment la défaite de ces créatures face au Saint protecteur de la ville. 
En Asie, ils participent aussi à de nombreuses festivités mais sont reconnus comme des esprits de la nature ou des génies bienfaisants. Il s'agit plutot davantage de les honorer que de les mettre à mal.

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